La démesure, de Céline Raphaël

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Quatrième de couverture

« Céline est privée de nourriture, battue des années durant, enfermée. Elle craint chaque week-end pour sa vie, travaille, travaille encore, pour briller et jouer les pianistes prodiges en gardant le secret sur l’horreur de sa vie familiale et, autour d’elle, un silence assourdissant.

Comment suspecter l’horreur de la servitude sous les atours de l’excellence ? L’exigence absolue de la perfection qui devient justification de tous les excès et de tous les abus et qui mystifie l’entourage d’autant plus facilement que cette esclave n’est pas affectée à une tâche de souillon mais à une production artistique réservée aux élites ? » Daniel Rousseau.

 

Chronique d’Ailayah

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Max Milo pour m’avoir permise de découvrir ce témoignage bouleversant.

Il est très dur de chroniquer un livre de témoignage car on ne peut absolument pas juger la vie d’une personne, surtout quand il s’agit d’une telle histoire. C’est pourquoi je m’attacherai dans cette chronique à juger l’œuvre afin de montrer en quoi le témoignage de Céline Raphaël m’a véritablement bouleversée.

Le style d’écriture épuré, fluide et rythmé laisse toute la place aux mots qui semblent sortir tout naturellement de la plume de Céline Raphaël. Je pense que c’est vraiment, en plus de l’histoire elle-même, cette écriture qui ne se larmoie pas, qui ne tombe pas dans l’excès de sentimentalisme et d’apitoiement qu’on trouve très souvent dans ce genre de témoignage, qui fait la force de ce livre et qui touche encore plus.

Ce que j’ai également beaucoup apprécié c’est qu’à aucun moment on sent une volonté de se venger, ou de porter un jugement sur les personnes qui lui ont fait vivre cet enfer. Et le pluriel est ici bien voulu car on se rend compte qu’il n’y a malheureusement pas que son père qui l’a fait souffrir car tout le système dans lequel elle entre après avoir dénoncé la maltraitance est aussi affreux, et je suis totalement admirative de la force et du courage de cette femme qui a réussi, par sa volonté, à s’en sortir dans ce monde où si peu d’aide est apportée à ceux qui en ont le plus besoin.

Au-delà d’une critique visée sur des personnes en particulier, Céline Raphaël nous met face aux pires côtés de la nature humaine, violente, nombriliste, aveugle, indifférente à la souffrance. J’ai pris ce témoignage comme un véritable appel au secours et non une dénonciation. On se rend véritablement compte que le monde est aveugle et à cette lecture je me suis souvent demandé comment l’homme pouvait si souvent se contenter de regarder la surface sans voir ce qui se cache derrière les masques que nous portons tous en société. J’ai été effrayé de voir la réaction de tant de personnes autour de Céline Raphaël qui l’ont traitée de mythomane et qui par ce simple regard de jugement, accusateur, n’ont fait que la rabaisser encore plus. Je crois que ce regard est le pire qu’on puisse porter sur un être humain, quel qu’il soit. Je me suis fait la réflexion une fois en me disant à moi-même (sans oser le dire à voix haute à la personne qui m’a jeté ce type de regard) : « je te demande de m’aider, pas de me juger ». Par ce regard, on se sent pire qu’un chien, d’aucune valeur, sans aucun « mérite ». C’est malheureusement la société elle-même qui semble être basée là-dessus, et c’est véritablement ce qui m’a frappé après la lecture de ce livre que je conseille à tous ceux qui s’intéressent tout simplement à l’homme.

Vous l’avez compris, j’ai véritablement été touchée par ce témoignage pour sa simplicité malgré les horreurs décrites et pour cette vision de l’homme qui nous amène à nous remettre totalement en question. Je ne peux donc que vous conseiller cette lecture qui saura toucher en vous quelques points sensibles.

 

La démesure

Céline Raphaël

Max Milo

240 pages

18€

 

 

Ailayah

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