La Geste des Princes-Démons 2 : La Machine à tuer, de Jack Vance

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Quatrième de couverture

A peine débarrassé du monstre Malagate, Kirth Gersen poursuit sa vengeance à travers l’Œcumène galactique. De monde en monde, il traque le prince-démon Kokor Hekkus dont l’œuvre principale s’intitule Théorie et pratique de la terreur. Mais Gersen devra affronter la terrible machine à tuer que le prince-démon a fait fabriquer pour appliquer ses idées morbides. Un grand classique du space opera. Après Le Prince des étoiles, La Machine à tuer est le deuxième volume du plus célèbre cycle de Jack Vance, La Geste des princes-démons, qui en compte cinq.

Chronique de Garlon

Attaquons maintenant le second tome de La Geste des Princes-Démons.

Kirth Gersen a vaincu le premier de ses 5 ennemis, et se lance maintenant à la poursuite du second.
Se rendant compte qu’il l’a croisé sans le reconnaitre au cours de l’une de ses missions, Kirth va tenter de retrouver Kokor Hekkus, la machine à tuer. Pour se faire, il devra mener ses pas dans de nombreux lieux afin de mener l’enquête. Ainsi, il verra Interéchange, l’endroit où les rançons des enlèvements sont prélevés en échange de la libération des prisonniers, travaillera à une machine démoniaque, et cherchera même l’endroit où se trouve une vieille planète mythique.
Mais, ne sachant pas à quoi ressemble son ennemi, Kirth aura vraiment du mal à le trouver.
Comment ne pas se tromper de cible ?

Bien qu’ayant bien apprécié le livre, je l’ai moins aimé que le tome 1 pour plusieurs raisons.

Nous nous retrouvons avec la suite de cette histoire de vengeance, toujours aussi passionnante. On en apprend un peu plus sur l’univers créé par l’auteur, fasciné par les évènements qui se déroulent au fil des pages. L’histoire est très bien pensée, vraiment bien construite et le lecteur se retrouve vite embarqué dedans.
L’action est vraiment très présente tout au long du récit, mettant ainsi une bonne dose d’adrénaline.
L’intrigue est également très bien faite, et les idées de Kirth pour tenter de piéger Kokor Hekkus sont vraiment superbement faites.
J’ai été vraiment fasciné par certains évènements, et surtout par la magnifique planète mythique dont on entend parler tout au long du récit.
Par contre, certains aspects m’ont un peu plus dérangés : j’ai eu l’impression, sous plusieurs aspects, de relire l’intrigue du premier tome. En effet, bien que l’histoire soit originale, certains aspects m’ont semblés un peu trop similaires à celle du premier tome, lorsque Kirth souhaitait vaincre le premier Prince-Démon. C’est assez dommage, mais n’enlève pas énormément au récit et ne le rend pas plus prévisible pour autant (j’ai été surpris à plusieurs reprises par l’histoire).
Le point qui m’a le plus dérangé dans ce second tome est qu’il se déroule presque comme si le premier n’avait jamais existé. En effet, on ne parle pour ainsi dire jamais des évènements du tome 1, et, dans les rares fois où c’est le cas, le premier Prince-Démon n’a même plus le même nom ! Sans oublier qu’on n’entend plus du tout parler des personnages plus secondaires du tome 1, que certaines explications reviennent à leur début (comme le débat intérieur de Kirth quant au fait d’avoir une compagne), etc. C’est un aspect qui m’a fort déçu, car je cherchais réellement une suite qui pourrait amener une histoire un peu plus complexe, et pas uniquement une vengeance dans un tome, suivie d’une vengeance dans le suivant, etc.

Au niveau du style de l’auteur, je l’ai encore fort apprécié, le trouvant fluide et agréable... mais je me suis également rendu compte que le traducteur a une grande influence dans l’aspect du style. En effet, ce n’est pas le même traducteur que pour le premier tome... et ça se sent !
Il y a beaucoup plus de coquilles présentes (même si leur nombre reste résonnable et n’est pas trop gênant), avec parfois même le mauvais mot utilisé. Les phrases sont plus maladroites, notamment au niveau du choix des mots, et cela a tendance à alourdir un peu le récit. Mais les scènes d’action sont toujours superbement décrites, tout comme les paysages, personnages et autres, sans pour autant que l’on tombe dans l’excès.

Au niveau des personnages, une fois de plus, ils sont vraiment très bien travaillés et sont pas mal passionnants. Malheureusement, le fait que ce tome se passe presque comme si le premier n’avait pas existé donne vraiment au lecteur l’impression de découvrir un nouveau Kirth, un autre personnage assez différend du premier, et cela est fort gênant, car il est sensé être le même et avoir juste évolué par rapport aux évènements du premier tome...
De plus, cet aspect a une conséquence assez facheuse : le lecteur ne peut se sentir proche d’un personnage qui recommence à 0 à chaque tome, et cela crée donc une grande distance entre le lecteur et Kirth, diminuant ainsi l’impression de se retrouver dans le récit. C’est une chose qui m’ennuie vraiment et qui m’a empèché de profiter pleinement du livre.

En bref, nous avons un second tome avec une histoire passionnante, beaucoup d’action, une intrigue très bien travaillée, un style d’écriture agréable et des personnages bien travaillés, mais on a vraiment l’impression que tout revient à 0, qu’il n’y a pas eu de premier tome, et cela gâche pas mal l’histoire. De plus, certains aspects de l’intrigue sont trop similaires au tome 1, il y a quelques problèmes au niveau de la traduction, ce qui apporte quelques coquilles et des phrases plus maladroites, et, du fait que tout recommence presque à 0, le lecteur ne peut se sentir proche des personnages.

Malgré ses défauts, je conseille ce livre, surtout pour son histoire, et j’espère que le tome 3 n’ignorera pas les 2 premiers, comme celui-ci l’a fait.


La Machine à tuer

La Geste des Princes-Démons, tome 2

Jack Vance

Le Livre de Poche

288 pages

6,10 €


Garlon

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