Le Déchronologue, Stéphane Beauverger

 

 

Quatrième de couverture

« Je suis le capitaine Henri Villon, et je mourrai bientôt. Non, ne ricanez pas en lisant cette sentencieuse présentation. N’est-ce pas l’ultime privilège d’un condamné d’annoncer son trépas comme il l’entend ? C’est mon droit. Et si vous ne me l’accordez pas, alors disons que je le prends ».

Ainsi débute le récit du capitaine Villon. Il lutte avec son équipage de pirates pour préserver sa liberté dans un monde déchiré par d’impitoyables perturbations temporelles. Son arme : le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps.

 

Chronique de Melisande

Je tiens tout d’abord à remercier les édition Gallimard (Folio) de m’avoir permis de lire ce livre, même si ça n’a pas été un coup de cœur, loin de là.

Dès le début (prologue on pourrait dire) on nous plonge dans l’univers. La narration étant à la 1ere personne du singulier, on est dans le personnage d’Henri Villon, capitaine du navire Déchronologue (d’où le titre du livre). Le capitaine commence ainsi son récit (voir les 1ere ligne de la quatrième de couverture) et nous explique entre autre ce qui va suivre dans le livre. Il va nous raconter ce qui s’est passé, juste avant de sombrer avec son bateau (comme tout capitaine qui se doit, d’après ce qu’on dit…).

Il est assez difficile de raconter l’histoire étant donné les circonstances (je l’explique ensuite pourquoi), mais en tout cas, pour ce qui est de l’intrigue principale, le capitaine Henri Villon et son Déchronologue a une mission particulière, que l’on finit découvrir petit à petit.

La quatrième de couverture m’avait intrigué, alors je me suis lancée. Les premières pages ont été lues assez rapidement, cela plantant le décor, et ça m’intriguait encore plus. En même temps, on sait que le Capitaine Villon va bientôt mourir et ça nous donne envie de savoir comment il a pu en arriver là. Malheureusement, j’ai vite déchanté et je me suis rendue compte assez rapidement que ce n’était pas écrit de manière chronologique. Bon, ça aurait pu ne pas poser de problèmes, vu que les dates sont inscrites sous chaque titre des chapitres (qui ne sont donc pas dans l’ordre chronologique, puisque l’on passe du chapitre I au chapitre XVI), mais moi, ça m’a dérangé. Cela aurait pu être une bonne idée, et étant donné la nature du bateau, cela aurait pu paraître normal. Sauf que ça n’a rien à voir avec la capacité du bateau. Par ailleurs, je trouve que c’est fait de manière maladroite et l’auteur perd son lecteur. Il n’y a pas vraiment de lien pour comprendre l’histoire. Le seul, c’est le capitaine (vu qu’il est le narrateur), mais il est parfois difficile de voir le vrai enjeu de ce livre.

De plus, on n’a pas de vraie transition pour passer d’un chapitre à l’autre. Cela fait penser à un carnet de bord que l’on a reconstitué, sans se soucier de la chronologie, du coup cela donne au récit un aspect assez décousue et déroutant. Et je dois dire que c’est aspect – original, je dois le reconnaitre – ne m’a pas plu. Les trois quart du temps, j’avais l’impression d’être perdue, parce qu’on nous présente des situations, mais qu’on sait comment on en est arrivé là que 100 pages plus loin. Même avec la meilleure volonté du monde, j’ai eu beaucoup de mal à me remettre tout en place. Ça m’a ennuyé plutôt qu’autre chose et rendu ma lecture très difficile. Après c’est peut-être moi qui ait un problème car ce livre a tout de même remporté un prix, c’est qu’il a plu à d’autres gens, mais ce n’est pas mon cas. La lecture a été assez pénible par moment et je n’avais pas vraiment envie de le lire… ce qui est assez mauvais signe quand même…

On ne s’accroche pas vraiment aux personnages, hormis le capitaine Villon et encore, je trouve que la manière dont est racontée l’histoire est très détachée alors que c’est écrit à la première personne. Je n’ai aucun sentiment particulier envers ce personnage, il raconte son histoire mais on a dû mal à y adhérer. Par ailleurs, les personnages secondaires, assez nombreux, passent un peu à la trappe puisque en raison du manque de chronologie, on voit des personnages, on les perd de vue, avant de les retrouver, etc. et par moment je me demandais qui était qui exactement. Ce ne sont que des noms finalement et ne représentent rien de plus.

Je trouve que ce détachement assez étrange et bizarre ne permet pas de rentrer pleinement dans l’histoire. En lisant la quatrième de couverture, je m’attendais vraiment à voyager dans le temps et à voir la mission de Villon, hors on ne voit cet aspect là que dans le début de la première partie du livre et après, on n’en a plus, on ne cesse de le suivre dans ses péripéties et à essayer de comprendre en même temps comment il a pu en arriver là. Ce n’est qu’après la 400e page (donc 150 pages avant la fin) que l’on voit comment Le Déchronologue est né et encore, je trouve ça assez flou quand même… Je trouve que c’est trop long, on aurait dû le savoir bien avant, après tout, ce bateau est sensé être au centre de l’intrigue (il donne le titre du livre), mais on n’en prend conscience que vers la fin du livre. L’histoire des maravillas était bien trouvée, c’est au cœur de l’histoire, mais je trouve que ce n’est pas assez expliqué et exploité. On ne nous dit pas clairement ce que c’est, sauf que le capitaine Villon court après et que ça a une importance dans l’histoire. Mais le récit est tel qu’on passe au travers et que du coup, on n’est même pas sûr de savoir exactement ce que c’est. Et je trouve ça dommage parce qu’on perd beaucoup dans le récit.

Il arrive tellement de choses à Villon, qu’il change de bateau et d’équipages en cours de route, si bien que parfois, on ne sait plus très bien où on en est. Je trouve que ce n’est pas clair et un peu fouillis. Cela peut être un parti pris de l’auteur, mais je ne pense pas que ce soit forcément une bonne idée, car ça pourrait en rebuter plus d’un.

Je ne m’attendais pas à ça en lisant ce livre. Je pensais que l’on allait vraiment s’attarder sur la mission du capitaine, que l’on verrait plus clairement les perturbations temporelles. On ne le voit pas beaucoup, on ne comprend pas non plus. On sait juste qu’il y a un bateau étrange, que des phénomènes se passent, mais rien ne nous est dit clairement. Et le temps de voir comment Villon en arrive à avoir un tel bateau… eh bien le livre est presque terminé, ce qui est trop long, d’autant que le livre est assez épais. Donc je suis assez déçue par ce livre, je m’attendais à quelque chose de mieux et de plus accessible aussi.

 

Le Déchronologue

Stéphane Beauverger

Folio SF

554 pages

8,40€

 

Melisande

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Date de dernière mise à jour : 16/05/2012