Le Facteur 119, Lydie Baizot

 

 

 

Quatrième de couverture

Cybernéticien de génie, le professeur Ellyard McComb découvre que ses créations ont été détournées de leur but premier pour mener tout un peuple à sa perte. Il parvient à modifier, dans leur programmation, le facteur 119, celui qui pourrait tout compromettre. Il prend ainsi tous les risques pour contrer les sombres desseins de Henri Havensborn, son patron sans scrupule, jusqu’à mettre sa propre existence, ainsi que celle des Intelligences artificielles qu’il a créées, en péril.

 

Chronique de Melisande

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Voy’el pour m’avoir fait découvrir ce livre (et au passage l’édition), qui est vraiment très intéressant. Je ne suis pas du tout spécialiste de la SF, généralement je n’aime pas en lire (alors que voir les films ne me dérangent pas trop). Pourtant, celui-là m’a fait de l’œil, c’est pourquoi j’ai décidé de le lire et j’ai bien fait, car ce fut une lecture très intéressante.

L’écriture de Lydie Blaizot est vraiment agréable à lire et fluide, on se laisse peu à peu emporter dans l’histoire et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on rentre dans le vif du sujet dès le 1er chapitre. Au vue de la 4e de couverture, je pensais que l’on allait venir petit à petit à la découverte du changement de programme et du facteur 119, sauf que dès le 1er chapitre, on voit tout ça arriver et les ennuis arriver. Mais je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi énorme quand j’ai lu le synopsis.

Comme annoncé, le professeur McComb découvre par hasard que ses I.A. (Intelligence Artificielle) ont été détourné de leur objectif premier et cela à cause de la présence d’un facteur supplémentaire dans leur code génétique : le facteur 119. Il met tout en œuvre pour contourner ça, même si pour cela, il doit réveiller précocement 4 I.A. pour remplir une mission, à savoir retrouver les autres I.A. et détourner ce facteur 119 pour qu’il ne nuise pas (car qui sait quel programme, il peut renfermer ?).

On suit la fuite des 4 I.A. qui sont au centre de l’histoire, notamment pour tout rétablir. Eh bien, on peut dire que leur entrée dans la vie commence de manière spectaculaire pour la plupart. Chacun part de son côté avant de retrouver le professeur McComb qui les met au courant de la situation et les investit de leur mission. A partir de ce moment-là, les 4 I.A. restent ensemble (du moins la plupart du temps) et l’on suit leur enquête. Dans le récit, on suit d’autres personnages, et cela des différents camps (donc aussi bien le professeur McComb, que ceux qui veulent déclencher la guerre, ou d’autres personnages importants), du coup, on sait ce qui se trame ou ce qui va arriver plus ou moins à certains personnages. On est là, en tant que spectateur, dans l’incapacité de faire quoi que ce soit alors qu’on sait des choses… mais on ne nous dit pas tout, sans quoi l’histoire n’aurait aucun intérêt et ne n’aurait aucune surprise pour nous, ce qui n’est pas le cas. A travers ces différents personnages nous voyageons dans la galaxie, sur différente planète et on peut constater que ce n’est pas toujours hospitalier.

J’ai beaucoup aimé l’univers créé par Lydie Blaizot, mais ce qui reste surtout en mémoire, ce sont les personnages, notamment les 4 I.A.. Je les ai beaucoup apprécié, tous différents les uns des autres, même s’ils ont été créé de la même manière. Ils sont vraiment indépendants, mais en même temps, ils sont très unis. J’ai beaucoup aimé leur relation, c’est comme s’ils étaient une famille. Par ailleurs, même si ce sont des I.A., et donc des sortent de clones humains et mécaniques en même temps, on les voit évoluer tout le long du livre (même si certaines choses ne changent pas, notamment chez Tyler), de la même manière que des humains ordinaires. Cela montre que leur personnalité ne vient pas uniquement de ce qu’ils sont, mais surtout de ce qu’ils font et décident.

L’un des points négatifs pourraient être la profusion des personnages. En général, ça ne me dérange pas qu’il y en ait beaucoup (c’est souvent dans la fantasy, quand on crée son propre monde), mais il est vrai que par moment, j’avais dû mal à me souvenir qui était quel personnage, d’autant que certains noms se ressemblent donc pour se souvenir, ce n’est pas toujours évident, mais bon ce n’est pas un gros défaut, ça vient de moi, et du fait aussi que ma lecture a pas mal été entrecoupée. Mais bon, ça n’est pas un gros défaut et problème, il faut juste se concentrer un petit peu et ça se lit tout seul.

Il ne faut pas oublier le contexte pour bien comprendre cette histoire, la guerre dure depuis des années entre les différentes duchés, dirigées par des seigneurs en attente d’un Empereur commun… mais évidemment difficile de choisir quand tout le monde convoite la place, alors c’est toujours la loi du plus fort qui prime… Ce livre mêle à la fois la politique, les nouvelles technologies (comme les I.A. par exemple) et aussi la vie (d’une certaine manière). Je trouve que ça rend très riche ce livre et permet de voir comment le tout peut être lié, et avoir des incidences les uns sur les autres. Les nouvelles technologies sont souvent détournées au profit du pouvoir, afin de mieux régner sur les autres alors que ce n’est pas le but premier. Que valent des vies, quand on peut amasser le plus de pouvoir possible grâce au savoir ? Et il y a une certaine réflexion sur la vie, notamment des I.A., que vaut-elle réellement ? Plusieurs questions traitées dans ce livre, de manière touchante pour certaine, et d’autres beaucoup moins.

En somme, c’est un livre fort plaisant à lire, aussi bien pour l’écriture, que l’histoire et l’imagination de l’auteure. J’ai vraiment passé un bon moment en lisant ce livre, alors j’espère qu’il vous plaira autant que moi.

 

Le Facteur 119

Lydie Blaizot

Voy’el

426 pages

23€

 

Melisande

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Date de dernière mise à jour : 16/05/2012