Mémoria, Laurent Genefort

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Quatrième de couverture

Il travaille pour le compte des grandes Compagnies qui se partagent l’univers. Il erre de planète en planète au gré de ses contrats. Il est le tueur à gages le plus redouté des mondes humains. Le plus cher, aussi. Nul ne sait qui il est véritablement. Pas même lui. Tel est le prix de son immortalité. Immortalité qu’il doit à un artefact extraterrestre unique et qui ne le quitte jamais. Tout comme les « crises de souvenirs » qui le terrassent de plus en plus souvent. Au point d’en menacer ses missions. Des souvenirs dont il ne sait même pas s’ils sont les siens. Des crises qui masquent une terreur secrète, tapie au fond de lui sous la forme d’un cauchemar qui, inexorablement, se rapproche et menace de l’engloutir. Le compte à rebours est engagé…

Chronique d’Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « Mémoria », écrit par Laurent Genefort.

Depuis longtemps, il a oublié son nom. Il se contente d’utiliser celui de ses hôtes du moment en fonction des besoins de ses missions. Elles sont nombreuses et extrêmement bien payées et pour cause, il n’y a pas meilleur que lui dans la galaxie pour remplir ce type de contrats.

Avoir en sa possession une mystérieuse machine qui vous permet de transférer votre esprit dans le corps d’un autre tout en conservant vos souvenirs et en ayant à disposition ceux de du propriétaire du corps constitue un avantage énorme lorsqu’on est un tueur à gages réputé et employé par des multimondiales.

Des siècles d’une expérience acquise grâce à l’immortalité que lui confère sa machine ne suffiront pas au héros de cet ouvrage à fuir les vagues de souvenirs enfouis qui l’assaillent. Le Cauchemar noir, qui menace de l’engloutir. Acculé, il n’aura bientôt plus le choix…

J’ai, face à cet ouvrage, un avis fort mitigé. D’une part, je suis satisfait de cette découverte, d’autre part, j’en suis tout de même un peu déçu.

Commençons par le négatif. En lisant la quatrième de couverture de Mémoria, j’avais l’impression qu’on aurait affaire à une histoire au rythme trépidant, teintée d’un sentiment d’urgence, voir de fuite en avant. A la lecture de l’ouvrage, il s’avère qu’en fait de trépidations, on retrouve, certes, des rebondissements, mais à aucun moment je n’ai eu le sentiment d’être chahuté dans ma lecture. En parcourant cette histoire, j’ai eu l’impression d’avoir affaire à un récit totalement linéaire, au cours duquel il ne se passe rien ou presque. Or, en prenant un peu de recul, on se rend bien compte qu’il n’en est rien et qu’il existe bien des rebondissements, passages plus forts que d’autres et tous les autres ingrédients nécessaires à une intrigue prenante.

Sentiment donc d’être passé à côté de quelque chose. Est-ce dû au style de l’écriture, à mes exigences en la matière ou le fait que je ne sois pas un fervent amateur de science-fiction ? J’avoue n’être pas suffisamment calé en matière de science-fiction et d’écriture que pour répondre à cette question.

 

Autre point que j’ai trouvé quelque peu décevant dans cet ouvrage, outre l’impression d’avoir été en quelque sorte « trompé sur la marchandise », c’est le fait qu’on se retrouve confronté à un jargon tout à fait propre à l’histoire et pour lequel le lexique présent en fin d’ouvrage n’est vraiment pas du luxe. En soi, j’admets sans aucune difficulté que lorsqu’on parle d’un monde qui n’est pas le nôtre, d’une technologie différente de celle que nous connaissons il faille recourir à un vocabulaire adapté. Quel serait le sens du récit si nous appelions cocotte-minute un appareil capable de cuire des œufs à notre convenance sans que nous n’ayons d’autre effort à faire que de passer commande oralement ?

Ce que je reproche un peu à ce récit, c’est la profusion de tout ce vocabulaire spécifique et de son étalage. Bien souvent, j’ai eu l’impression que l’intrigue n’était qu’un prétexte à mettre en place un décor et à faire vivre un monde inventé.

Personnellement, je trouve ça dommage. Mon avis étant que l’intrigue doit rester au centre des écrits et que le décor, les descriptions de paysages et autres ne doivent être présents que pour renforcer un passage de l’histoire et lui donner plus d’intensité. Il me semble aussi que les descriptions ne devraient pas être trop précises, sous peine de prémâcher le travail d’imagination du lecteur et de le placer dans position de total consommateur.

A mon sens, la lecture à pour mission de stimuler notre imagination au même titre qu’elle est présente pour instruire ou divertir le lecteur.

 

Comme dit précédemment, il y a tout de même du positif à cette lecture.

Je trouve que l’idée de base est géniale en soi. Le concept de l’immortalité par le biais du changement d’enveloppes corporelles est déjà à la base une idée qui me parait fort intéressante et pour laquelle il y aurait sans aucun doute possible moyen d’écrire de nombreux romans ou autre ouvrages de type plus philosophiques ou scientifiques. C’est une thématique qui offre un large champ de réflexion et qui me laisse quelque peu rêveur.  Je vous avouerais que si ce genre de technologie existait de nos jours et qu’il m’était donné la possibilité de vivre un telle expérience à un moment donné de ma vie, je crois que je n’hésiteras pas une seule seconde (a condition de récupérer mon enveloppe corporelle d’origine, bien entendu).

 

Autre point positif, les réminiscences des souvenirs des anciens hôtes du héros et de sa vie passée. J’ai trouvé que dans ces moments-là, l’intensité des souvenirs était assez bien dépeinte. On a l’occasion de suivre le récit d’une « Mémoria » (souvenir positif que le héros s’injecte lorsque menace le Cauchemar noir) et très honnêtement, je n’ai eu aucune difficulté à me figurer la scène. De même que pour les souvenirs qui s’imposent au héros plus tard dans l’histoire. A mon sens, ce sont ces souvenirs qui constituent le point fort du récit, alliés au concept décrit plus en avant.

 

C’est un livre que je pourrais conseiller aux personnes qui sont réellement amatrices de science-fiction. Pour les autres, j’aurais tendance à plutôt conseiller de l’emprunter plutôt que de l’acheter de suite.

 

Alexandre

 

363 pages

Folio

6,93 euros

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Date de dernière mise à jour : 16/05/2012