Orinomaque, de Jacques Boireau

oniromaque-503cc3949d663-150x235.jpg

Quatrième de couverture

La Ligue Hanséatique, forte de ses zeppelins bombardeurs, s’est emparée de toute l’Europe du Nord, dont la Francie. Elle aimerait désormais jeter son dévolu sur l’Occitanie.

En Grèce, un putsch place des colonels au pouvoir.

Des brigades internationales se créent pour contrer les militaires et rétablir la démocratie. Parmi ces volontaires, voici Jordi, mi-occitan mi-francien, Dino Buzzati, Carlos Saura, Tita Piaz ou encore Yannis Ritsos.

Arrivés en Macédoine, base arrière des brigadistes, ceux-ci ont une drôle de surprise : ils ne vont pas combattre directement, mais entrer à tour de rôle dans une étrange machine, l’oniromaque, qui peut rendre les rêves effectifs et changer ainsi la réalité.

Et si le remède s’avérait pire que le mal ?

Chronique de Garlon

Plongeons dans une uchronie vraiment très particulière avec ce livre.

Jordi s’est engagé pour défendre la Grèce contre la révolte militaire. Attendant de pouvoir partir au combat, il se rend compte qu’il n’a pas été recruté pour servir de simple soldat, mais pour utiliser, avec d’autres personnes, une nouvelle machine qui permet de faire de nos rêves une réalité, et qui pourrait donc influer sur le court de la guerre. Commence alors une aventure au cœur du rêve pour Jordi et ses compagnons. Mais où est le rêve et où est la réalité dans tout ça ?

Malgré le fait que j’ai trouvé l’idée vraiment très bonne, certains aspects m’ont pas mal dérangé dans ce livre.

J’ai vraiment adoré l’idée. Le fait de plonger dans le rêve pour influer sur la réalité ouvre un grand nombre de portes qui peuvent vraiment être très intéressantes, et c’est vraiment très original et passionnant.
De plus, l’univers uchronique imaginé par l’auteur est lui aussi très bien pensé, et nous permet de retrouver certains éléments/personnages historiques que nous connaissons, mais qui ont suivi une toute autre évolution, dans un monde quand même fort différent du nôtre sur un très grand nombre d’aspect. C’est vraiment fort sympathique de pouvoir ainsi découvrir les éléments qui font de ce monde autre chose que le nôtre, tout en en cherchant en même temps les points communs.
En plus de tout cela, nous avons aussi les rêves, qui sont vraiment bien imaginés et plongent les rêveurs dans des évènements se déroulant dans leur univers, mais qui leur permettent d’influer sur les évènements, de créer certains aspects. J’ai trouvé cette idée d’influence et de création vraiment très bien faite.
Mais voilà, autant, sur certains aspects, il m’a semblé que l’auteur en faisait beaucoup trop, autant, par d’autres, j’ai trouvé qu’il n’en faisait pas assez.
Je dis qu’il en fait trop car il m’a semblé qu’il voulait ajouter trop de choses inutiles au récit qui alourdissent la lecture et ennuient complètement le lecteur. Le plus bel exemple en est la découverte du livre par Jordi. Lors d’un évènement comme cela, on s’attend à ce que des extraits utiles à l’histoire soient cités. Hors, ici, c’est tout ce petit livre que l’auteur nous cite, et ce dans un grand nombre de pages. La majorité de cela est totalement inutile. De plus, cette histoire est racontée dans un style des plus ennuyants à lire : les phrases sont hachées, composées de points de suspension presque tout le temps, il manque clairement beaucoup de ponctuation, etc. On comprend ce que l’auteur voulait faire par-là, mais ce genre de choses fonctionnent sur de courts extraits, et surement pas sur quelque chose d’aussi long. Personnellement, je l’avoue, je me suis clairement ennuyé dans la lecture de ce passage, je m’endormais dessus et ai finalement tout lu sans réussir à retenir quoi que ce soit… Ce passage est donc, selon moi, un très mauvais choix de l’auteur et perd le lecteur, qui va ainsi beaucoup moins s’intéresser au livre, et sans aucun doute louper la compréhension de certaines choses.
L’auteur a également voulu compliquer les rêves, perdant le lecteur, qui, au final, ne sait plus trop où se trouvent les personnages, quelle est la frontière entre le rêve et la réalité, etc. On se perd facilement là-dedans, et j’avoue que c’est au départ assez plaisant, car on bâtit nos réflexions personnelles à ce sujet et les choses prennent des directions vraiment inattendues. Mais voilà, soit l’auteur en a fait trop en complexifiant l’idée, soit il n’en a pas fait assez en restant sur une fin qui laisse le lecteur sur sa faim, ce qui fait qu’on ne peut que se demander, après lecture, quelle est la réalité. C’est bien de laisser des questions en suspend, ça me plait en général, et j’ai de toute façon ma propre idée sur les choses, mais j’aurais vraiment aimé en savoir un peu plus sur tout cela, et sur toutes les parties de l’intrigue qui sont finalement superbement ignorées et qui ne trouveront donc pas de résolution ni d’explications (dont certains point de l’intrigue principale du livre…). Cela m’a fort déçu, donnant une impression d’histoire incomplète. Mais, en parallèle, je peux comprendre le but de l’auteur au niveau des réalités multiples et autres aspects similaires, mais j’aurais préféré quelque chose de plus “explicite”, car ce livre est, selon moi, du fait de cela, beaucoup plus réservé aux personnes vraiment “expertes” dans le domaine. Maintenant, c’est peut-être moi qui n’ai pas tout saisi, je l’ignore.
Au niveau des rêves, j’ai également trouvé qu’il manquait du travail. Ils sont très bien faits, certes, mais sont trop « conscients » et cohérents pour être des rêves, il m’a semblé. On y manque clairement de surprise, d’éléments rendant ces aventures réellement « rêves », et on a plutôt l’impression de voir des personnes gérant des images d’eux même dans d’autres lieux. De plus, on manque clairement d’informations sur l’influence qu’ont ces rêves sur la réalité…

Le style de l’auteur, quant à lui, bien que souvent très intéressant à lire, m’a paru un peu lourd, trop descriptif par moment et pas vraiment agréable à lire. Je n’ai donc pas pu en profiter à sa juste valeur et ai trouvé que pas mal d’éléments et de descriptions étaient inutiles…

Concernant les personnages, j’ai trouvé qu’ils manquaient clairement de travail. Tout reste flou autour d’eux, on n’apprend pas à les connaitre, sauf via quelques descriptions et interventions, et on ne s’en sent donc pas fort proches. Jordi, le personnage principal, est certes le mieux présenté, en tant que narrateur, mais, même avec lui, on ne sent aucun rapprochement, et on suit le récit avec un regard lointain, sans réel intérêt pour l’avenir des personnages.

En bref, bien que l’histoire, l’intrigue et l’univers soient fort originaux et passionnants à suivre, j’ai eu pas mal de mal avec ce livre. L’auteur en fait trop sur certains aspects, ajoutant des pages et des pages de choses totalement inutiles à l’histoire (ce qui a tendance à ennuyer le lecteur, qui va ainsi rater des éléments pouvant faire comprendre certains aspects, comme ce fût mon cas), et n’en fait pas assez sur d’autres, laissant le lecteur dans le flou. Certains éléments de l’intrigue sont purement et simplement abandonnés et on n’entend ainsi rapidement plus parler de certains aspects qui font partie de la raison même de l’histoire, les personnages ne sont pas assez travaillés et on ne s’en sent pas proche du tout, et le style de l’auteur est fort descriptif et assez ennuyant à lire.

Personnellement, je n’ai donc pas été vraiment conquis par ce livre, et ai peut-être mal compris certains aspects, je l’ignore. Ce n’était donc pas forcément un livre fait pour moi mais, si, dans les éléments que j’ai cité, vous sentez que ce livre pourrait vous plaire, n’hésitez pas, et n’hésitez surtout pas non plus à venir en discuter ici pour nous donner votre avis, qui sera peut-être différent du mien car vous n’aurez pas le même mode de réflexion sur les évènements de cette histoire.
De plus, si vous vous y connaissez fort en uchronie, en réalités multiples et autres éléments du genre, je pense que vous pourrez vous y retrouver bien mieux que moi et ainsi apprécier ce livre à sa juste valeur, ce que je n’ai malheureusement pas su faire.


Orinomaque

Jacques Boireau

Editions Armada

Science-fiction (uchronie)

252 pages

14 €


Garlon

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 04/03/2013