L'Âme du Mal, La trilogie du mal, tome 1, Maxime Chattam

 

Quatrième de couverture

Pas plus que sa jeune assistante, l'inspecteur-profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d'outre-tombe. Fût-il le monstrueux bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper avec précision. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte ? Pure sauvagerie ou magie noire ?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de cerner et de prévoir ses crimes, devenir un monstre soi-même, tels sont les moindres risques de son métier. On dit au FBI qu'il s'en faudrait d'un rien pour qu'un bon profiler aille rejoindre la galerie de ses pires clients. Peut-on impunément prêter don âme au mal ?

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui de « L’Âme du Mal », premier volet de la désormais célèbre Trilogie du Mal, écrite par Maxime Chattam.

Portland, dans l’Oregon. Joshua Brolin est inspecteur à la division des enquêtes criminelles. Formé au profiling par le FBI, ce trentenaire à préféré l’action de terrain à une carrière chez les fédéraux. Sa formation et son étonnante capacité à l’empathie font de lui un élément précieux dans la résolution des enquêtes criminelles.

Lorsqu’il sauve Juliette Lafayette, étudiante en psychologie, des griffes du Bourreau de Portland, tueur en série sévissant dans la région, Joshua est loin de se douter que quelques mois plus tard les crimes recommenceraient… Tout donne à penser que Leland Beaumont, abattu par l’inspecteur quelques mois plus tôt est revenu d’outre tombe pour poursuivre son œuvre destructrice sur l’espèce humaine…

Comment Joshua s’y prendra-t-il pour lutter face à un fantôme ? Comment saisir l’insaisissable ? Des questions auxquelles vous ne pourrez répondre qu’en lisant ce magnifique ouvrage !

Tout dans ce livre m’a plus. Du moindre petit détail à l’intrigue en général. Tout au long des pages, le climat dépeint pour l’enquête se ressent sans aucune difficulté. L’ambiance est sombre, annoncée par l’auteur avant même de commencer son récit et reste dans la même teinte du début jusqu’à la fin, avec ses piques et ses apaisements. Rien que pour ça, le livre vaut vraiment la peine d’être lu.

Comme à son habitude, Maxime Chattam jongle avec les moments de répit et les scènes d’action avec une virtuosité impressionnante ! Les séquences plus tendues durent juste ce qu’il faut pour que le lecteur ne s’y accoutume pas vraiment et frémisse à chacune d’entre elles. Élément que l’on ne retrouve pas forcément dans tous les thrillers, au cours desquels on s’habitue souvent à l’action, au point qu’on n’en éprouve plus aucune tension. Pareil pour les scènes plus calmes, elles sont suffisamment courtes et bien tournées pour piquer notre curiosité par rapport aux techniques d’investigation, à certaines notions qui sont amenées, telles que le jargon et des bribes de médecine légale. Ces passages auraient pu facilement tomber dans l’ennui d’une approche théorique, mais le contexte et le récit enjolivent tellement bien les informations qu’on en oublie que les sciences ne sont pas forcément notre principal centre d’intérêt !

On découvre également le personnage de Joshua Brolin. Inspecteur doué d’une rare capacité à l’empathie que l’on apprend à connaître sans vraiment le cerner convenablement. Tant mieux car il semblerait que même lui ne connaît pas vraiment les tréfonds de son âme… Sans arrêt, il constitue une source d’étonnement et d’interrogations. Pour peu que l’on s’intéresse un peu à la psychologie des personnages que l’on rencontre, bien sur. Sinon, son côté atypique est suffisamment accrocheur que pour plaire à la plus grande majorité des lecteurs.

L’intrigue en elle-même est originale, bien tournée et correctement dosée. On n’a pas l’impression d’avoir une fin à rallonge ou un scénario de type hollywoodien, avec les gentils qui finissent d’office par gagner, tandis que les méchants sont punis pour leurs crimes atroces, le tout suivi d’une morale mielleuse à la fin. Non, ici c’est une histoire sombre qui, bien que donnant l’impression d’un train lancé à pleine vitesse (le récit une fois lancé donne l’envie furieuse de tout lire en une fois tant on est entraîné), fait aussi dans la dentelle de par les subtilités de la narration.

On retrouve ici des passages assez durs et crus, mettant en scène des cadavres mutilés, défigurés etc. Que ceux qui auraient moins aimé « Prédateurs », du Cycle de l’Homme, en raison des scènes sanglantes se rassurent, il ne s’agit pas ici du même type de descriptions. Certes, les âmes trop sensibles ne devraient pas trop s’y attarder, mais la violence dépeinte ici est moins sanguinolente et axée sur la « charcuterie » (non que Prédateurs m’ait déplu, au contraire !) pour mettre plus l’accent sur l’aspect scientifique de l’investigation et de la médecine légale.

Un point de réflexion s’est imposé à moi, suite à cette lecture, comme à chaque fois que je me plonge dans un ouvrage de cet auteur : Quel est l’ascendant qu’on peut avoir sur les personnes de notre entourage ?

D’autres questions me viennent, mais je ne vous les révèlerai pas, de peur que le dénouement de l’intrigue vous paraisse trop évident. Soyez toutefois assurés que ce silence me frustre !

C’est un ouvrage que je recommande plus que chaudement à toute personne appréciant le style thriller et à plus forte raison, s’ils aiment les écrits de Maxime Chattam !

 

Alexandre

 

Michel Lafon

514 pages

6.65 euros

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Date de dernière mise à jour : 25/06/2012