Le Requiem des Abysses, Maxime Chattam

 

 

Quatrième de couverture

Au début des années 1900, la France est en proie à d’étranges phénomènes. A Paris, les momies disparaissent des musées, les médiums succombent à des morts mystérieuses, et les rumeurs les plus folles courent les cercles occultes. A quelques kilomètres de là, dans les campagnes, une chose sans nom décime des familles entières selon des rites d’une infinie barbarie

Hanté par ses propres démons, fasciné par le Mal, le romancier Guy de Timée se lance à la poursuite de la créature.

Après Léviatemps, le nouveau thriller de Maxime Chattam nous entraine des brumes du Vexin à celles du Paris ésotérique dans un terrifiant voyage dans le temps et le doute.

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre Le Requiem des Abysses, de Maxime Chattam.

Dans ce second et dernier volet du diptyque du temps, nous retrouvons Guy de Timée et Faustine, partis s’exiler à Elseneur, en campagne française pour oublier les terribles évènements dont ils ont été les témoins quelques mois plus tôt (voir Léviatemps).

Tout s’annonçait bien pour nos deux héros, jusqu’à ce qu’une famille se fasse massacrer par ce qui semble être une créature démoniaque, au vu de la violence et de la barbarie de la mise en scène. Cette nouvelle rappelle bien vite Guy aux souvenirs de ses vieux démons, qu’il avait pourtant presque réussi à tenir à l’écart durant son séjour sur les terres de Maximilien Hencks.

Très vite, il se retrouve impliqué plus que de raison dans la résolution de cette affaire. Bien plus que ce que et Faustine ne l’auraient voulus, mais les évènements font qu’ils ne peuvent reculer.

En dire plus par rapport à l’intrigue serait révéler des éléments clés de l’histoire, aussi m’arrêterais-je là pour ce qui est des aventures de nos héros.

Contrairement au premier tome de ce diptyque, l’histoire commence en force et ne laisse à aucun moment le loisir au lecteur de se poser la question de savoir ce qu’il va manger à midi ou de se demander comment il occupera son temps libre des prochains jours. Dès les premières lignes, on est littéralement aspiré dans cet univers de début du siècle, aux côtés d’un écrivain qui cherche à sonder sa part d’ombre tout en côtoyant celle de la lie de l’humanité.

Ce démarrage sur les chapeaux de roue donne bien le ton de l’ouvrage. Les scènes d’action se succèdent à un rythme étourdissant, au point que se replonger dans la lecture après un arrêt demande un réel effort de concentration pour se souvenir des derniers évènements. Non qu’ils ne soient passionnants, mais pour ma part, je ne les ai intégré que lorsqu’ils se sont terminés. Par exemple, on assiste à une battue suivie d’un bond immense dans la progression de l’enquête. Entre ces deux parties contigües, je me suis retrouvé contraint d’interrompre ma lecture (quelques heures de sommeil par nuit obligent). Au moment de la reprendre, j’ai eu pas mal de difficultés à me souvenir que la battue avait non seulement eu lieu, mais était déjà terminée.

Cette caractéristique pourrait se révéler être un gros défaut pour les uns comme une énorme qualité pour les autres. Je suis plutôt de l’avis des seconds. J’aime être emporté et brinqueballé dans toutes les directions lorsque je lis un livre et le moins qu’on puisse dire, c’est que Le Requiem des Abysses répond largement à cette attente.

On retrouve assez bien de scènes plutôt sanglantes dans l’ouvrage, bien qu’elles soient moins crues que dans Prédateurs (du même auteur). Cependant, certains des détails sont des modèles d’abjection et inciteront le lecteur à froncer les narines de dégoût lorsqu’il les découvrira. Ces précisions sont crapuleuses, bien sur, mais a mon sens, elles apportent beaucoup au climat du récit. Encore une fois, certains pourraient ne pas aimer car ce que ça évoque n’est pas des plus conventionnels. Je n’en dirai pas plus à ce sujet.

Un point que je trouve dommage pour ce récit est qu’il semble réellement divisé en deux parties bien distinctes. Bien sur, elles ne sont pas totalement écartées l’une de l’autre, mais le fil rouge me semble un peu trop mince. On assiste à une première enquête en région rurale, ensuite à une seconde en région parisienne. Toutes deux ont un cachet très différent et un mode opératoire fort écarté. Elles sont bien entendu excellentes, mais j’ai un peu eu l’impression d’avoir affaire à un thriller dans le thriller. Entendons-nous bien, c’est le fait de faire la distinction entre les deux parties que je trouve dommage. La transition s’est peut-être avérée trop brutale, bien que tout à fait plausible et correctement montée.

Comme à son habitude, Maxime Chattam soulève un point, une question de réflexion dans son ouvrage et pour cette fois-ci, il est présenté tel quel par Guy : et si le véritable temps, celui qui n’est pas une invention subjective, était en réalité rythmé par la circulation du sang dans nos veines ? Et si la vie était la seule et véritable mesure du temps ?

Un livre que je conseille vivement à toute personne ayant déjà lu Léviatemps, mais que je déconseille aux autres avant d’avoir lu le premier volet du diptyque du temps au vu des allusions incessantes à la première histoire.

Alexandre

 

Albin Michel

22 euros

454 pages.

Commentaires (2)

Alexandre
  • 1. Alexandre | 03/07/2011
Avec plaisir, et merci à toi pour ce commentaire ! :) Pour ce qui est du second volet, si tu as aimé le premier, je peux te garantir que le second ne va pas te décevoir ! Profites bien !
Angélique
J'ai beaucoup aimé Léviatemps et je suis franchement pressée de lire ce livre. Merci pour ta critique :)

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 25/06/2012