Dans la peau du Diable, de Luke Delaney

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Quatrième de couverture

Un homme, en apparence bon père de famille, nous raconte par le menu, dans un monologue intérieur, le meurtre qu’il vient de commettre : comment il a repéré puis traqué sa victime, pour la poignarder sauvagement dans son appartement londonien. L’inspecteur Sean Corrigan est appelé avec son bras droit, Dave Donnelly, sur la scène de crime. Sean, abusé dans son enfance, ressent et comprend la violence des meurtriers, l’ayant lui-même intériorisée. Il a développé une sorte d’intuition très forte qui lui permet de visualiser le déroulement des crimes et de ressentir la proximité animale du tueur. D’autres meurtres vont être commis, plusieurs personnes suspectées et un vaste jeu du chat et de la souris commence. Mais dans cette affaire, les apparences sont trompeuses, les fausses pistes et les pièges nombreux, et Sean va avoir fort à faire pour dénouer les nombreux fils de cette intrigue.

 

Chronique de Garlon

Plongeons dans un thriller passionnant avec Dans la peau du diable.

Sean, inspecteur de police à Londres, se retrouve à devoir gérer une enquète concernant le meurtre d’un homosexuel.
Il s’avère rapidement que ce meurtre est bien plus complexe qu’il n’y parait à l’origine, surtout que le tueur a procédé de façon très particulière, un peu rituelle, et qu’aucun indice n’a été semé sur les lieux du crimes.
Rapidement, un suspect attire l’attention de l’inspecteur, qui va tout mettre en oeuvre pour tenter de le coincer.
Mais voila, que faire, lorsque le tueur ne laisse aucun indice derrière lui ?
Surtout qu’il s’avère rapidement qu’il pourrait bien s’agir d’un tueur en série.

C’est un sympathique thriller, et j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire, malgré quelques défauts assez ennuyants.

L’intrigue est vraiment très bien trouvée. Nous voyons la chose sous plusieurs aspects :
Nous suivons la police lors de son enquète, sa recherche d’indices, ses déboires, ses soupçons, etc.
Nous voyons les réactions du principal suspect et suivons ce qu’il fait, en l’ayant assez souvent comme personnage principal.
Et enfin, nous plongeons dans le mental du tueur, sans que pour autant son identité ne nous soit révélée, ce qui permet de voir avec horreur la façon de penser du personnage, sa vision des choses et les raisons pour lesquelles il commet ces meurtres.
J’ai trouvé que cette idée d’histoire en 3 dimensions était excellente, car elle permet au lecteur de voir les choses de plusieurs façons, avec des points de vue différent, mais sans pour autant casser le suspense. En effet, jusqu’au bout, le lecteur se demandera si le principal suspect est le coupable ou non, et se creusera la tête pour essayer de démêler la situation.
Les choses sont développées de manière expertes, et donnent vraiment le tourni au lecteur, qui ne sait plus où donner de la tête.
L’aspect des crimes et de l’enquète sont donc vraiment très bien faits.
Par contre, une chose m’a dérangé : Sean a un “pouvoir” irréaliste qui lui facilite la situation à plusieurs passages. En effet, il sait se mettre dans la peau du tueur. En soit, cela n’est rien d’irréaliste, mais ce qui l’est davantage, c’est qu’il a presque des visions de ce qui a été fait par le tueur dans tel cas précis, et j’ai trouvé cela trop exagéré et non réaliste. Je considère plutôt cela comme une facilité prise par l’auteur pour faire avancer l’histoire.
Mais cela ne gâche pas trop le livre, et certains passages sont vraiment palpitants et stressants (je ne vous dit pas à quel point je me suis rongé les ongles de stress pendant un passage de l’histoire^^), donnant une grosse dose d’adrénaline.

Pour ce qui est du style de l’auteur, j’avoue que je l’ai fort apprécié. Il est fluide et agréable à lire, et permet surtout de complétement se plonger dans l’histoire. En effet, l’auteur décrit très bien les évènements, et surtout l’avancement de l’enquète, le mental du tueur, les réactions des personnages, etc., rendant les choses vraiment passionnantes, et cela sans tomber dans un excès descriptif risquant d’ennuyer le lecteur.
Par contre, on reprochera quelques défauts de traduction, comme certains mots placés en double, d’autres manquants, ou encore des fautes dans les noms des personnages (il arrive qu’un nom soit ortographié de deux manières différentes sur une même page, par exemple). Mais ces coquilles restent dans l’ensemble assez rares et n’empèchent pas le lecteur de profiter pleinement du livre.

Concernant les personnages, j’avoue qu’au départ j’ai eu un peu de mal. Le mental et le comportement des flics, principalement, m’ont assez rebutés au début, ce qui a fait que j’ai eu des difficultés avec eux.
Mais on se rend très vite compte qu’ils sont très bien conçus, chacun étant unique et original. Et on fini même, même si l’on ne partage pas leur façon de penser et qu’on n’est pas d’accord avec leur façon de faire, par s’accrocher à eux, et les prendre en amitié, ce qui apporte un bon partage d’émotions comme la haine, la crainte, l’attendrissement ou la tristesse.

En bref, c’est un très bon thriller que nous avons-là, avec une intrigue très bien conçue qui ravira les fans du genre de par son côté inextricable. L’auteur traine le lecteur de piste en piste sans jamais laisser entrevoir le fin mot de l’histoire (même si j’ai fini par avoir des doutes), et offre ainsi une histoire magnifiquement conçue, malgré un inspecteur qui a un peu trop de facilités à cause d’un “pouvoir” un peu irréaliste. Le style de l’auteur est parfaitement adapté au livre, malgré quelques coquilles, créant ainsi une atmosphère stressante et passionnante. Les personnages, bien que le lecteur ne les apprécient pas forcément au départ, sont vraiment très bien travaillés et on finit par s’en sentir fort proche, permettant ainsi un bon partage d’émotions à certains moments.

Un bon thriller que je recommande donc aux fans du genre.


Dans la peau du Diable

Luke Delaney

MA éditions (Pôle Noir)

420 pages

20 €


Garlon

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Date de dernière mise à jour : 03/12/2012