La Promesse des Ténèbres, Maxime Chattam

Quatrième de couverture

New York. Mégapole de tous les possibles. De tous les excès. Où la verticalité des buildings s’oppose à celle de souterrains, toujours plus profonds, peuplés de SDF. Où des hommes se déguisent en vampires pour se repaître de la vie de leur partenaire. Où l’industrie pornographique underground se développe à une inquiétante vitesse. Où l’on vend la mort filmée en direct.

Au cœur de ce maelström, le journaliste Brady O’Donnel, dans le sillage de Rubis, femme envoûtante, plonge dans l’enfer. Celui de la Promesse des Ténèbres.

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui de « La Promesse des Ténèbres », de Maxime Chattam.

Dans cet ouvrage, vous aurez l’occasion de suivre Brady, journaliste indépendant. Lorsqu’un de ses amis lui suggère comme sujet de reportage l’industrie pornographique, ce dernier ne sait pas encore dans quelle situation il va mettre les pieds.

Brady fixe rapidement rendez-vous à son contact, Rubis, pour une interview dans un coin reculé de la Grosse Pomme. A peine l’entrevue commencée que la tournure de la conversation vire au malsain. La jeune femme se tire une balle en plein visage avant de le journaliste n’ait pu lever le petit doigt. Pris de panique, il fuit les lieux, emportant le permis de conduire de la défunte.

Hanté par la scène, il décide de se renseigner au sujet de Rubis. Il découvrira toute une série de films aussi glauques que l’actrice était belle. Révolté par toute la violence qui se dégage des images, Brady s’engage alors dans une course à la vérité. Mais est-ce pour la mémoire de Rubis ou pour lui-même qu’il entame cette descente dans les abysses de l’âme humaine ?

Dans le même temps, Annabel, sa femme, se voit confier une enquête à propos de la mort d’une jeune actrice porno, retrouvée le visage arraché par une balle tirée en pleine face.

Tiraillé entre l’envie de tout révéler à sa femme et le besoin d’aller jusqu’au bout de sa descente aux enfers, Brady devra faire face à toute une série d’évènements plus sombres les uns que les autres…

C’est un thriller d’une noirceur assez impressionnante que nous livre ici Maxime Chattam. Comme toujours, un sujet ou une question globale dérange nos convictions et notre petit monde personnel à la lecture d’une œuvre de cet excellent auteur. Sommes-nous tous à ce point dirigés par nos bas instincts ? Est-ce que nous avons vraiment aussi peu de contrôle sur nos pulsions ? Les hommes, sont ils à ce point esclaves de la jouissance, du plaisir sexuel ? Sommes-nous intrinsèquement aussi mauvais que ce qui est dépeint au fil de ces pages ?

Comme toujours, les personnages évoqués lors du récit sont criants de vérité. Leurs doutes, leurs peurs et leur personnalité véritable se ressentent de manière surprenante, au point qu’on doute et partage les sentiments des héros de manière troublante. A aucun moment on ne se sent étranger au récit et on n’a l’impression de ne pas être proche des protagonistes.

Les éléments « culturels » apportés tout au long du récit nous en apprennent énormément sur tout ce qui est des méthodes et mécanismes de la production « underground » des films pornographiques, venant donner un nouvel éclairage à propos de ce type de cinéma, fort peu connu. Déjà peu valorisé par l’opinion publique pour des raisons de bienséance, il l’est encore moins cette fois-ci pour d’autres raisons beaucoup plus concrètes… Parallèlement à ceci, les informations reçues concernant les impressionnants sous-sols que cache Manhattan donnent à la fois envie d’en apprendre plus, mais aussi de ne surtout pas avoir à s’en approcher. D’autres questions nous viennent également suite aux allégations de l’auteur concernant la fuite de la surface de la part des peuples souterrains. Questions que je vous laisserai vous poser par vous-même lors de votre lecture.

Peu de scènes sanglantes ici, mais le « manque » est largement compensé par la noirceur de l’esprit humain dépeinte ici. Les scènes de film décrites, dans un autre style de violence, sont aussi difficiles à imaginer que des scènes de massacres présentes dans des ouvrages tels que « Prédateurs », du même auteur.

La suite des actions, rebondissements s’enchaîne comme à l’accoutumée avec un rythme des plus appréciables, venant redonner du souffle au moment précis ou la nécessité commence à poindre. Bien entendu, cette réflexion ne me vient qu’à l’analyse de ma lecture. En cours de route, jamais on ne ressent de lassitude ou le besoin d’un regain d’énergie dans l’action.

C’est donc un ouvrage que je recommande chaudement à toute personne ayant une âme pas trop sensible, prête à recevoir une image dérangeante de l’être humain. Un Grand Livre, à découvrir au plus vite !

 

Alexandre

Albin Michel

425 pages

20.9 euros

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Date de dernière mise à jour : 09/06/2012