Labyrinthe, Kate Mosse

 

 

 

 

Quatrième de couverture

Juillet 1209 : Dans la cité de Carcassonne, Alaïs, dix-sept ans, reçoit de son père un manuscrit censé renfermer le secret du Graal. Bien qu’elle n’en comprenne ni les symboles ni les mots, elle sait que son destin est d’en assurer la protection et de préserver le secret du labyrinthe, né dans les sables de l’ancienne Égypte.

Juillet 2005 : lors de fouilles dans des grottes, aux environs de Carcassonne, Alice Tanner trébuche sur deux squelettes et découvre, gravé dans la roche, un langage ancien, qu’elle croit pouvoir déchiffrer. Elle finit par comprendre, mais trop tard, qu’elle vient de déclencher une succession d’évènements terrifiants : désormais, son destin est lié à celui que connurent les Cathares, huit siècles auparavant… Traduit dans trente-six pays, Labyrinthe vient d’être récompensé aux British Book Awards.

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui de « Labyrinthe », de Kate Moss.

Début 1200, Alaïs, fille de l’intendant Pelletier, conseiller du Vicomte de Carcassonne découvre le corps d’un homme dans une rivière proche du château. Lorsqu’elle en averti son père et lui en donne la description, celui-ci abandonne tout pour aller voir par lui-même. La peur se lit sur son visage. Heureusement, il ne reconnait là que le visage d’un parfait inconnu.

Pressé par les interrogations de sa fille et par le climat belliqueux de l’époque, Pelletier confie à sa fille qu’il est l’un des trois gardiens d’ouvrages sacrés, contenant, à eux trois, la clé du Graal. La description de l’homme de la rivière lui ayant fait penser à l’un des deux autres gardiens aura poussé la panique en lui, le climat incertain l’aura poussé à parler de ce lourd secret à la seule personne en laquelle il ait vraiment confiance.

Signe de ralliement de cette organisation de gardiens, un labyrinthe. Le « logo » de la Noublesso de los Seres.

Quel intérêt à ce détail, si ce n’est qu’il nous relie à Alice Tanner, archéologue amateur dans la région du Pic de Soularac (sud de la France), découvrant par erreur une grotte dans laquelle sont enfermés depuis de très nombreuses années deux squelettes. Dans la main de l’un d’eux se trouve un anneau de pierre sur lequel est gravé un curieux motif. Motif faisant furieusement penser à un labyrinthe…

Découverte commune pour un site archéologique à première vue, si ce n’était l’intérêt particulier que lui vouent toute une série de personnes influentes qui, semble-t-il, sont tous versés dans l’ésotérisme…

C’est ici un récit agréable que nous délivre une écrivain qu’il n’est plus besoin de présenter. A la frontière entre le récit historique, le thriller et le fantastique, c’est une histoire et une version originale de la quête du Graal qui nous est dépeinte ici.

Pour une fois, le Graal n’est pas représenté comme un objet, mais comme un concept, une idéologie, ce qui n’est pas sans originalité, venant ajouter un rebondissement à l’intrigue qui, certes, n’en manque pas, mais vient la renforcer.

On apprendra énormément sur la croisade qui s’effectua à l’époque en pays d’Oc, sur la lutte entre Cathares et Catholiques, les différends et différences existant entre les uns et les autres, sans pour autant tomber dans un récit de type scolaire. Les informations distillées sont réparties avec talent et intelligence. A aucun moment ne vient l’impression de lire un livre théorique ou documentaire. L’action est toujours privilégiée, les apprentissages y sont subtilement insérés.

Si nous nous penchons sur la personnalité des différents personnages, une agréable surprise nous est réservée. Chacun y est clairement défini, à sa personnalité propre, son mode de fonctionnement, si vocabulaire et on sent clairement toute l’influence de son passé sur ses actes présents. Avantage non négligeable dans un récit, quel qu’il soit. On remarquera au fil de mes chroniques que j’accorde beaucoup d’importance à ce point, mais je persiste à croire qu’un bon récit se construit à partir de personnages entiers et complets.

Contrairement à mon habitude de vous parler de livres qui m’ont plus sans partage, c’est ici un avis mitigé que je vous délivre. Pourquoi, me demanderez-vous au vu de ce qui précède ? Patience, la suite arrive !

J’ai trouvé le démarrage de l’action fort lent. Bien-sur, le début est assez prometteur, commençant par une belle ébauche, mais la continuité de l’énergie ne m’a pas semblé présente du tout. Les trois premiers quarts de l’histoire m’ont semblé piétiner, attendant un élément déclencheur et une précipitation qui ne venait pas. En revanche, les 100 dernières pages m’ont accroché sans doute possible. Dommage que le déclic ne se soit pas fait plus tôt…

Un autre point qui m’a dérangé, c’est la syntaxe et le vocabulaire qui change entre les différentes périodes de l’histoire relatées. En effet, lorsque nous sommes à notre époque, le vocabulaire du narrateur est adapté à nos jours. Par contre, lorsque nous sommes au moyen-âge, ses propos le sont à ladite période, mais pas de manière complète, venant donner un aspect bancal au récit. Du moins c’est mon opinion.

Certains aspects de la fin m’ont également parus faciles. Vous en parler plus précisément risquerait de trop vous en révéler. Cependant, je puis vous assurer que pour mon goût personnel, certains des rebondissements présents sont un peu trop téléphonés à mon goût, même si pour bon nombre de personnes, cela peut s’avérer un atout incontestable.

Comme dit plus haut, une chronique un peu moins flatteuse qu’à l’ordinaire, mais je ne peux que vous encourager à lire l’ouvrage pour vous en faire votre propre opinion, ça ne sera de tout de façon pas du temps perdu, le récit demeurant bon malgré tout ce que j’aurai pu dire à son encontre. Les points positifs sont bien plus nombreux que les négatifs même s’ils ne sont pas tous cités.

C’est un récit que je vous recommande pour les soirées d’hiver au coin du feu. Une bonne occasion de s’évader tranquillement sans pour autant être transporté dans un autre univers et avoir trop de difficultés à revenir à notre triste réalité.

 

Alexandre

Le Livre de poche

821 pages

8 euros

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Date de dernière mise à jour : 13/06/2012