Le coma des mortels, de Maxime Chattam

9782226320780 j

Quatrième de couverture

Qui est Pierre ? Et d'ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre ? 

Un rêveur ? Un affabulateur ? Un assassin ?

Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui.

Et rarement de mort naturelle.

 

Chronique d’Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du dernier roman de Maxime Chattam, « Le coma des mortels »

Pierre est un ancien dépressif victime d’une malédiction pour le moins dérangeante : les gens de son entourage ont une fâcheuse tendance à mourir les uns après les autres…

Entre rencontres atypiques et quête d’identité, nous sommes embarqués d’une façon terriblement efficace par ce récit à la première personne que nous livre Maxime Chattam. Je le dis d’amblée et sans hésitation, il s’agit ici pour moi d’un des meilleurs romans qu’il m’ait été donné de lire jusqu’à présent.

J’ai été réellement séduit par la façon de s’exprimer du narrateur, qui adopte un style direct et sans fard tout en gardant un vocabulaire riche. Je trouve l’équilibre entre simplicité et style soutenu extrêmement bien dosé, de même que l’alternance entre les passages plutôt crus et ceux plus intellectualisés. Les seconds, dont les lecteurs assidus de Chattam sont coutumiers, servent la visée réflexive de l’auteur face à notre société actuelle et nous amènent à nous interroger sur nos habitudes de vie, tandis que les premiers viennent interrompre ces envolées spirituelles en nous rappelant brutalement que nous sommes bien plantés les deux pieds dans la fange. L’exercice en tant que tel est déjà bien réussi, mais il me semble qu’il se trouve sublimé par l’humour grinçant qui accompagne fidèlement les interventions crues du narrateur.

L’autre point qui m’a convaincu positivement est l’humour cité précédemment. Si l’auteur n’hésite pas à bousculer notre vision et notre confort de vie quotidienne, il ne lésine pas sur celui-ci. Humour à dominance plus que foncée qui se trouve être l’une de ses armes de bousculade les plus efficaces, rendant les remarques du narrateur plus percutantes encore, et les adoucissant tout à la fois. Pour moi, l’auteur nous prouve à nouveau sa maîtrise de la langue française par ce biais.

Je trouve également, tout style littéraire mis à part, que le héros est fort bien construit, et est campé de façon tout à fait crédible tout au long du récit. Pas une fois je n’ai eu le sentiment que le personnage agissait à contre-courant de sa nature dépeinte précédemment.

Si je devais relever un point négatif à cet ouvrage, je dirais que l’intrigue en elle-même est parfois un peu trop prévisible, mais il s’agit là d’un détail insignifiant au regard du plaisir que j’ai eu à la lecture. Je n’ai cessé de me faire la réflexion que cette découverte et les moments passés au fil des pages faisaient partie des plus agréables rencontrés jusqu’ici dans ma vie de lecteur.

Peut-être est-ce parce que le cynisme et le ton grinçant du narrateur me conviennent particulièrement, et que l’humour noir me vient plus facilement que le politiquement correct ; peut-être est-ce parce que le dernier livre que j’ai lu était une daube, ou encore que le choix narratif de l’auteur collait justement bien à mon état d’esprit du moment ? Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment adoré cette lecture, et je recommande « Le coma des mortels » à toute personne qui ne soit pas allergique à l’humour noir et au second degré !

 

Le coma des mortels

Maxime Chattam

Albin Michel

Thriller

21,90 euros

400 pages

 

Alexandre

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Date de dernière mise à jour : 19/07/2016