Le dernier des treize, de Mercedes Deambrosis

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Quatrième de couverture 

Ils étaient une bande de treize adolescents inséparables, des idéalistes, des révoltés. Une nuit, saouls, ils jurent par tous les diables qu'ils ne désarmeront jamais : ensemble, ils décident d'engager un tueur chargé de les exécuter  s'ils venaient à trahir, adultes, leurs idéaux. Aujourd'hui, la bande de treize a la quarantaine passée, le poids du temps, du boulot et des compromis sur les épaules. Ils ne sont plus vraiment amis, ne s'aiment plus trop, mais se revoient, aux enterrements. Car chaque treize lune, l'un des treize est assassiné.

 

Chronique de Melisande

Je tiens tout d’abord à remercier les éditions La Branche et l’agence Gilles Paris de m’avoir permis de lire ce livre. J’avoue ne pas trop savoir qu’en penser, j’ai bien apprécié dans l’ensemble, mais je dois avouer que je m’attendais à autre chose et du coup je suis un petit peu déçue par certains aspects du livre.

Je ne ferai pas de résumé de l’histoire, la 4e de couverture est suffisamment explicite sans pour autant spoiler toute l’histoire. Je n’ai rien de plus à ajouter et paraphraser ça ne sert à rien. Je me contenterai donc de donner mon avis et d’expliquer pourquoi ce livre n’a pas rempli toutes mes attentes.

Il faut savoir dans un premier temps que l’intrigue est assez lente de manière générale, je pense que ça vient surtout du style de l’auteur. L’écriture est agréable à lire et fluide, pour dire je l’ai lu en quelques heures, ça n’est pas un problème, on se plonge bien dans l’histoire et le changement de narration (à la fois une à la 3e personne et une à la 1ere personne) ne dérange pas mais les choses traînent un peu (ça me fait penser à Charlaine Harris pour ça dans un tout autre registre) mais ça n’en reste pas moins plaisant. Ce n’est pas un thriller oppressant, haletant, ce que je trouve un peu dommage, je m’attendais plutôt à ce type de livre, plutôt qu’à ce contenu là. Je m’attendais à un autre type de scénario, un autre type d’atmosphère étant donné le sujet du livre et au vu de la 4e de couverture qui donnerait un autre ton à l’histoire.

Après en soit l’intrigue est pas mal, j’ai bien aimé, même si je ne m’attendais pas à ça. On voit au fur et à mesure les amis se poser des questions sur le « pacte » passé pendant leur adolescence, les morts qui se succèdent, que tout est lié au vendredi 13, etc. J’ai trouvé cet aspect intéressant. Là où j’ai été déçue, c’est sur le fait qu’on ne sache rien du passé de cette bande « d’amis » (amis étant un grand mot quand on voit la relation que certains entretiennent). J’aurai aimé savoir ce qui les a poussés à faire ce pacte et d’engager un tueur à gage pour les tuer s’ils venaient à trahir (quelle trahison ?). J’aurai aimé découvrir tout ça, qu’on ait plus d’explications parce que là du coup, c’est évoqué en permanence, mais on n’a rien.

J’ai été surprise par la fin, enfin en quelque sorte, j’avais émis plusieurs hypothèses et l’une d’elle était la bonne, même si j’aurai été incapable de l’expliquer (une intuition). J’ai eu quelques soupçons à certains moments, je me suis posée des questions (à force de lire des thrillers, on sait ce qu’on doit chercher, comment réfléchir, ça aide). Et avec une telle révélation et avec tout ce qui se passe ensuite, je trouve ça dommage qu’on n’ait pas plus d’explications. Je pense que c’est ce qui manque vraiment dans ce livre, des réponses, parce que nos questions sont nombreuses et l’auteur n’assouvit pas cette envie de connaître la vérité, le fin mot de l’histoire. Tout se déroule sous nos yeux sans qu’on ne comprenne vraiment les enjeux, les bus, etc. et je trouve ça dommage parce que l’idée de base était plutôt bonne et finalement… on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Après en lisant la dernière page, on comprend très bien le titre du livre, on est vraiment dans la thématique, mais ça n’est pas suffisamment à mes yeux, pas pour en faire un livre intéressant et passionnant. C’était sympathique à lire mais ça reste « sans plus », dans la catégorie : « ça se lit, c’est bien, mais pas indispensable » et c’est dommage parce que je pense qu’avec un tel sujet on aurait pu avoir quelque chose de vraiment bien.

Par contre ce que j’ai bien apprécié, c’est le fait qu’on ne sache pas qui est le narrateur (celui qui parle donc à la première personne). Le suspense est gardé jusqu’à la fin et j’avoue que c’est assez énervant (et intéressant en même temps) de ne pas en savoir plus sur son compte. Ça c’est une bonne chose, ça donne de l’intérêt au livre. On sait juste qu’il s’agit d’un homme qui s’emporte facilement (du coup on comprend ce que peuvent ressentir les autres personnages à son égard).

Les personnages aussi sont intéressants, on a ce flic, fils à maman bon à rien qui cherche la reconnaissance de son père en permanence et qui veut prouver qu’il a de la valeur. Evidemment les 13 « cibles » ont des personnalités fortes, on a des doutes sur chacun d’eux, tout est très obscur aussi sur leur passé et j’aurai aimé mieux les connaître.

En bref, ce roman me laisse un sentiment mitigé parce que même si j’ai bien apprécié l’idée et l’histoire dans l’ensemble, il me manque trop d’éléments explicatifs pour en faire un très bon livre. Je trouve que ça n’est pas exploité jusqu’au bout, ça reste trop superficiel. Mais après j’ai quand même lu ce livre rapidement et sans difficulté, ça se lit, mais ça n’est pas exceptionnel alors qu’avec un tel sujet, ça aurait pu l’être. Dommage.

 

Le dernier des treize

Mercedes Deambrosis

Editions La Branche

285 pages

15€

 

Melisande

 

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