Le jour où tu dois mourir, Marc Charuel

Quatrième de couverture

Été gris et maussade sur le bassin d'Arcachon. Au détour d'une piste cyclable, le corps atrocement mutilé d'une jeune fille. Pour Duncan, photographe frotté à toutes les guerres, ce meurtre est le premier épisode d'un film macabre qui va dépasser de très loin toutes les fictions...

De la France à la Thaïlande en passant par la Birmanie, un thriller spectaculaire : sens des images, scénario implacable, rythme infernal... Marc Charuel se hisse d'emblée au niveau des grands du thriller international.

 

Chronique d'Alexandre

 

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « Le jour où tu dois mourir », de Marc Charuel.

Alain Duncan est un ancien reporter de guerre. Après plusieurs années à couvrir un nombre impressionnant de guerres et guérillas en tous genres, il s’est rangé et travaille pour un quotidien tout ce qu’il y a de plus ordinaire.

C’est lors de ses vacances, dans le bassin d’Arcachon qu’on le retrouve. Ses premières journées de repos s’annoncent tout ce qu’il y a de plus idyllique. De fait, il fait la rencontre de Clémence, une jeune nudiste, avec qui il passera un moment qui appelle une suite des plus agréables.

Tout s’annonce donc pour le mieux, à ceci près qu’au cours de son footing matinal, Duncan découvre le corps d’une jeune fille, mutilée et crucifiée avec la dernière des sauvageries. Loin de se douter de ce qu’implique cette découverte, il retourne chez Clémence, fermement décidé à oublier les évènements de la matinée. Pour se retrouver devant une porte close. Son amie est partie peu après lui en matinée et n’est pas revenue depuis. Le lendemain, elle n’a toujours pas refait surface. Les voisons n’ont rien remarqué de spécial et elle n’a pas l’air d’être partie avec ses affaires. Duncan décide alors d’avertir la police et de mener sa propre enquête en parallèle.

Dans le même temps, une de ses anciennes connaissances de reportage en Thaïlande l’appelle et lui promet le scoop du siècle. Lorsqu’il accepte, Duncan est très loin de se douter d’où le mènera toute cette histoire…

C’est un récit fort sombre et trépidant que nous livre ici Marc Charuel. Les commentaires en quatrième couverture faisant état de grand thriller international ne sont certainement pas volés !

Duncan est un personnage d’une grande détermination que l’on sent prêt à beaucoup pour arriver là où il le désire, mais est également un homme fort maladroit pour tout ce qui touche au domaine du sentimental. On le remarque très fort dans les relations chaotiques qu’il tente d’entretenir avec son ex-femme et son fils, de même que dans ses débuts avec Clémence. Cette dichotomie entre sa force de caractère et cette fragilité apportent un plus énorme au personnage, le rendant accessible au lecteur sans difficulté. Notons tout de même que s’il est facilement accessible, il n’est pas aisé de le cerner totalement, lui-même ne sachant pas exactement qui il est ni ce qu’il recherche vraiment. Impression collant donc parfaitement avec la description du personnage.

Tout au long du récit, on est emporté par le rythme infernal que nous impose l’auteur. Le moins que l’on puisse dire est que le lecteur n’a l’occasion de s’ennuyer à aucun moment. Que du contraire, on les moments plus posés sont des respirations dans le livre. Respirations car l’esprit est un peu moins brinqueballé en tous sens, d’une part, mais aussi parce que je dois avouer que j’ai plusieurs fois carrément oublié de respirer à certains passages !

Pour moi, ce rythme est une arme à double tranchant (bien que le côté positif soit très certainement mieux affuté que le côté négatif). En effet, les rebondissements et scènes d’actions sont fortement appréciables, mais la rapidité de leurs successions et leur longueur pourraient gêner le lecteur et desservir l’ouvrage. Certaines personnes pourraient se sentir suffoquées par l’action et avoir l’impression d’étouffer sous elle. Ce  qui n’est probablement pas loin de l’effet cherché, au vu du court laps de temps séparant le début et la fin de l’enquête de Duncan.

Les amateurs se scènes gores seront plus que servis dans cet ouvrage. On trouve plusieurs séquences retraçant les mises à mort de différentes personnes, toutes aussi variées que douloureuses au cours desquelles la personne se situant en face du lecteur pourra observer à coup sur une grimace à laquelle ne manque qu’un phylactère disant « Ouh ça fait mal ça ! ».

Qu’on ne se méprenne pas, les scènes dont je parle ici sont certes crues et fortes, voir à éviter pour les âmes plus sensibles, mais il n’est pas question de boucherie sanguinolente. On se doute que les pratiques décrites ne doivent pas être ce qu’il y a de plus propres, mais l’auteur fait preuve d’un talent assez impressionnant, alliant suggestion et descriptions précises. On ne trouve pas de détails crapuleux, ce qui est à la fois fort appréciable et aussi redoutable, car le lecteur pourra agrémenter la scène de ce qu’il souhaite. Sang, tripes et hurlements déchirants sont laissés à son appréciation.

Cet aspect de l’écriture de Marc Charuel encore considérablement le niveau de l’ouvrage. Sans ça, on pourrait se dire que cette qualité pourrait n’être qu’un coup de chance, or, une telle démonstration de maîtrise de l’écriture nous prouve bien le contraire.

Ajoutons à ça une fin qui ferait pâlir de jalousie des auteurs de thrillers aguerris, ça nous donne un livre qui se lit de bout en bout avec un plaisir sans failles.

Un ouvrage que je conseille à toute personne prête à plonger dans la noirceur de ce qu’est capable de produire l’être humain.

Alexandre

 

Albin Michel

634 pages

22 euros

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Date de dernière mise à jour : 13/06/2012