Le Sixième Commandement, William Muir

Quatrième de couverture

« Vous avez bel et bien voté il y a deux ans au référendum concernant la peine de mort. Vous avez voté en sa faveur et vous saviez que vous pourriez à un moment quelconque être appelé à intervenir au cas où une exécution aurait lieu. » Jusqu’à ce jour, William Riley menait une petite vie tranquille, sans grand intérêt :il s’occupait de sa fille un week-end sur deux, allait au pub avec son meilleur ami, faisait des rencontres d’une nui… Et soudain, coup de tonnerre : il doit participer à la pendaison d’un meurtrier ! Riley, pour la première fois de sa vie, va devoir affronter les conséquences de ses actes.

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « Le Sixième Commandement », de William Muir.

Riley est un citoyen comme tant d’autres en Angleterre. Il a son travail, une fille en bas âge, divorcé, adepte de la baise des soirées passées au pub avec son meilleur ami. Rien de bien particulier en soi, si ce n’est qu’un beau matin il reçoit un courrier officiel, lui enjoignant de se rendre au plus vite au ministère de la Justice. Arrivé sur place, il apprendra qu’il a été tiré au sort parmi des millions d’habitants pour aider à la mise à mort d’un dangereux criminel…

A compter de ce moment, Riley, qui avait en son temps voté pour la peine de mort, aura jusqu’à la date de l’exécution pour changer le cours des choses et éviter d’avoir à participer à ce qui lui apparaît maintenant comme un meurtre autorisé par l’état.

 

J’ai beaucoup apprécié Le Sixième Commandement, et ceci pour de nombreuses raisons. La première étant le suivi psychologique de Riley tout au long de l’histoire. L’auteur à vraiment mis ici l’accent sur son cheminement intellectuel et psychologique tout au long de l’histoire. On sent le héros passer de l’incrédulité à la révolte, en passant par la peur, l’indignation et la résignation. C’est donc une palette d’émotions extrêmement riche qu’on nous donne et qui nous permet de suivre avec une très belle précision l’état d’esprit du personnage principale, sans qu’à un seul moment on se demande où l’auteur veut en venir et que ressent Riley. Sauf bien sur lorsqu’il ne sait pas lui-même ce qu’il ressent, auquel cas, on est aussi perdus que lui, mais pas pour les mêmes raisons.

 

En cours de récit, on rencontre l’avis de l’un des personnages à propos de différents sujets que l’on pourrait sans peine qualifier de philosophiques. Sujets qui m’on bien accrochés, de par leur forme qui, contrairement aux textes dont c’est la vocation et la nature première, ont un côté solidement attractif. De plus, ils sont traités de manière tout à fait logique et le personnage qui étale ses théories le fait avec un profond respect des croyances et opinions de son interlocuteur, ce qui fait qu’en tant que lecteur, nous ne sommes pas « pris en otage » par les mots de la personne qui parle en terme de « Je ». J’ajouterai que je suis également assez d’accord avec la théorie avancée selon laquelle on a toujours le choix de nos actes, peu importe le contexte et la manière dont on est poussé à les réaliser. Il existe toujours une ou plusieurs alternatives, quoi qu’on en pense.

 

L’ouvrage apporte en plus des théories citées plus haut toute une série d’éléments de réflexions, qui pourraient sans difficultés alimenter de nombreux cours de philosophie dans les écoles et avouons sans honte que ça changerait agréablement les élèves des sujets habituels. Que ça soit la légitimité de la peine de mort, ce qu’elle implique, est-elle un acte de justice ou une vengeance cruelle de notre société ? Autant de questions que l’on pourrait soulever rien qu’en lisant la quatrième de couverture. On pourrait aussi s’interroger sur l’aptitude à réfléchir de la population. Lorsque plus de la moitié des habitants d’un pays vote pour le rétablissement de la peine de mort et affirme par là qu’ils seraient prêts à aider le bourreau à mettre fin aux jours des plus dangereux criminels de l’état, il y a sérieusement de quoi s’interroger. Non qu’il s’agisse ici de la réalité, mais cette fiction met en avant un problème de fond récurrent dans notre société.

Encore une fois, les arguments posés et les théories avancées dans l’ouvrage me plaisent beaucoup et sont fort proches de mon avis personnel.

 

Pour en revenir à l’histoire en elle-même, les dernières pages m’ont fait beaucoup penser à La Ligne Verte, de Stephen King. Forcément, me direz-vous, on parle ici de l’exécution d’un prisonnier. Cependant, toute proche qu’elle était, cette mise à mort et celles du roman écrit par King comportent autant de similitudes que de différences. Heureusement d’ailleurs. Ca aurait été, à mon sens, la seule ombre au tableau.

 

Pour terminer mon argumentaire, j’ajouterai encore que le style d’écriture de l’auteur m’a également séduit par sa fluidité et le côté parfois cru du vocabulaire utilisé allié à sa richesse. La lecture s’est révélée franchement agréable et sans difficulté, bien que les sujets traités ne soient pas des plus légers. On aurait pu tomber dans une œuvre moralisatrice, tentant de convaincre le lecteur par tous les moyens que l’avis de l’auteur est le bon, or ici, tout orienté qu’il soit, William Muir à su trouver le juste milieu dans son écriture pour que chacun puisse se faire son opinion, tout en affirmant la sienne.

 

Un livre que je conseille vivement à tout le monde !

 

Alexandre

 

Folio

275 pages

6,46 euros

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Date de dernière mise à jour : 13/06/2012