Les Ombres, Philippe Bérenger

Quatrième de couverture

Attentat dans le métro parisien : 35 morts et des centaines de blessés. Un autre attentat échoue de justesse dans le métro lyonnais. Un groupe terroriste inconnu revendique ces actions et en annonce de nouvelles.
La France bascule dans la psychose et à Paris, le capitaine de police Franck Venel lutte contre sa propre paranoïa, dans une société dépressive où le danger peut venir de partout.
Surveillance, infiltration, filatures, planques, indic, renseignements : en dépit des lourdeurs administratives, du travail routinier qu'on ne peut abandonner, de la gestion de son groupe hétéroclite et de sa vie privée, Franck Venel doit gagner la course contre la montre qui s'annonce mortelle.

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « Les Ombres », de Philippe Béranger.

Franck Venel est capitaine d’une équipe de policiers œuvrant dans la lutte contre le terrorisme sur le sol français. Lorsqu’un homme se fait exploser dans le métro parisien, c’est pour son équipe et lui un terrible échec. Ils n’ont rien vu venir, et venant se rajouter à leur sentiment de frustration, la revendication d’un nouveau groupuscule terroriste, dont le mode opératoire complètement anarchiste ne leur évoque rien de connu : Le Croissant Noir.

Chaque division ayant la surveillance d’un quartier en charge, tous espèrent que le kamikaze n’est pas parti de chez eux et que le réseau ne se soit pas monter dans leur secteur. Franck et son équipe entament une course contre la montre pour déterminer l’origine du Croissant Noir avant que ne survienne le prochain attentat, prévu dans le courant de la semaine…

Il m’est difficile de donner plus d’indications sur l’histoire sans vous révéler des éléments clés de l’intrigue, aussi vais-je passer directement à l’argumentation.

Ce qui m’a le plus plu dans cet ouvrage, c’est la vision que l’on a du travail des policiers de la lutte anti-terroriste, les vrais agents secrets en quelque sorte. On est très loin ici des films de James Bond et consort. Le terrain, les fusillades, les voyages à l’autre bout du monde, tout ça c’est pour le septième art ou les cow-boys des unités d’intervention. Non, les agents secrets sont des personnes de l’ombre, pour qui l’action, l’adrénaline des situations à haut risques est bannie. On découvre un quotidien fait surtout de prévention, d’observation et de déductions, mais très peu d’investigation.

En parallèle à cet aspect de l’agent secret, ce qui a vraiment fait que « Les Ombres » m’a plu, c’est le côté profondément humain de chacun des personnages. Le beau gosse à la belle répartie, la vie en première classe, le luxe, tout ça est balayé dès les premières pages. On découvre ici des fonctionnaires de polices tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Un policier a aussi une vie privée, son histoire. Il a également des soucis personnels et ne vit pas uniquement pour la lutte contre le crime, comme on nous le présente dans les productions cinématographiques. Une représentation initiale mise à mal donc par un ouvrage assez inattendu.

Les personnages dépeints au fil des pages sont à la fois clairs et faciles à cerner, mais également mystérieux. Comme pour leur quotidien, on se rend compte qu’il n’y a pas que l’image initiale, mais que tout une vie existe en toile de fond. On sait qui sont les personnages, mais on n’a pas l’impression, comme dans beaucoup d’ouvrages, d’avoir vécu pendant des années à leur côté.

Au niveau de l’écriture, le langage utilisé est assez direct et facile d’accès, sans pour autant tomber dans la simplicité. Caractéristique fort appréciable, au vu des changements réguliers de narrateur. Une fois c’est Franck Venel qui nous narre son histoire, ses doutes, sentiments et pensées, l’autre, c’est un narrateur extérieur et omniscient qui nous parle des évènements et autres personnages. Cette caractéristique, fort dérangeante dans les premières pages se révèle être une force par la suite. Du moins de mon point de vue. A mon sens, ces variations servent grandement le rythme de l’histoire. En tout cas, elles permettent à l’auteur de nous parler d’autres personnages qui n’ont rien à voir dans l’immédiat avec le héros. C’est un exercice de style peu courant et fort risqué, que l’auteur réalise sans difficulté et ce de manière tout autant crédible que justifiée.

L’histoire en elle-même n’est pas exempte d’action et de rebondissements, bien qu’on ne retrouve que très peu des scènes attendues dans les romans policiers et autres thrillers. Toujours pas de cavalcades ne de fusillades, mais ça ne perturbe en rien l’accroche du lecteur par rapport au texte.

Un bon livre donc, que j’ai pas mal apprécié du tout. Conseillé à tous, en particulier comme lecture de détente.

Alexandre

 

Les Ombres

Scrineo (les carnets de l'info)

19 euros

342 pages

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Date de dernière mise à jour : 13/06/2012