Les yeux plus grands que le ventre, de Jô Soares

Les yeux plus grands que le ventre

 

 

Quatrième de couverture :

Une tartelette à la crème peut-elle être l'arme d'un crime ? Question surprenante à laquelle est confrontée la police de Rio de Janeiro à la fin des années 1930 : un tueur en série assassine des femmes très grosses en les gavant de gâteaux. Le commissaire Noronha, aidé d'Esteves, un policier portugais devenu pâtissier, se lance dans une enquête savoureuse pour découvrir que la gourmandise est un péché mortel !

Chronique de Sybille :

Ce titre-là était celui qui m’intéressait le plus dans la sélection de Folio le mois dernier. Le résumé m’a tout de suite attiré et m’a un peu fait penser à Seven, le film avec Brad Pitt et Morgan Freeman, dans lequel un tueur tue ses victimes selon les sept pêchés capitaux. Si vous avez vu le film, vous vous rappellerez donc très bien du crime mis en scène autour de la gourmandise… Bref, tout ça pour dire que j’ai sauté sur l’occasion et je remercie la maison d’édition Folio pour cet envoi.

Vous l’aurez compris, l’histoire raconte la traque d’un homme très particulier tenant une entreprise de pompes funèbres, et qui, pour assouvir sa vengeance vis-à-vis de sa mère obèse qui l’a toujours étouffé, décide de tuer le maximum de femmes obèses en les gavant de nourriture, en suivant des recettes typiques portugaises. Pour le traquer, une drôle d’équipe se forme : le commissaire Noronha, aidé de son subordonné, ainsi que de Esteves, un personnage atypique, ancien policier portugais devenu pâtissier et de la pétillante, Diana, journaliste et pilote de course à ses heures perdues. Cette équipe totalement saugrenue va mener l’enquête dans les rues de Rio de Janeiro afin de mettre un terme aux agissements de ce tueur machiavélique.

Les yeux plus grands que le ventre est ce que j’appelle un OVNI littéraire. C’est un roman policier, certes, mais tous les codes sont bousculés. Le lecteur connaît le tueur dès les premières pages du roman. Non seulement on connaît sa vie, son métier, son passé, mais on connaît également son nom et les motivations qui le pousse à tuer toutes ces femmes obèses. Amateurs de suspenses, ne soyez pas déçus, il n’y aura pas de surprise de ce côté-là. C’est vrai que je me suis demandé comment l’auteur allait réussir à maintenir l’intérêt du lecteur alors que celui-ci connaît déjà tous les détails importants. Et bien figurez-vous que Jô Soares réussit ce pari à la perfection. L’équipe policière chargée de démasquer l’assassin est tellement atypique que l’enquête devient vraiment passionnante. On découvre les avancées de l’enquête, les témoins interrogés, tout en découvrant le caractère particulier de chaque enquêteur.

Ce livre se lit extrêmement vite. Le style de l’auteur est vraiment abordable. Il s’agit d’un style un peu familier, qui se prête particulièrement bien à l’histoire. En tant que lecteur, on tourne les pages sans même s’en rendre compte et on veut absolument savoir comment va se terminer le livre et si le tueur va enfin être arrêté. L’humour est également très présent dans ce roman policier, un humour assez décalé, qui rend le livre un peu plus léger malgré la présence de scènes assez violentes.

Les yeux plus grands que le ventre est un livre policier atypique, à l’humour bien dosé et aux personnages originaux. Je vous recommande chaudement ce livre policier qui bouscule les codes et qui nous offre une enquête vraiment particulière.

 

Les yeux plus grands que le ventre,

De Jô Soares,

Edition Folio policier

320 pages

7,90 euros

 

Sybille

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