Mélanges de sangs, Roger Smith

Quatrième de couverture

Jack Burn, sa femme enceinte et leur petit Matt sont en plein dîner lorsque deux membres du gang des Américains les agressent. Ex-marine qui a fui les États-Unis après un hold-up meurtrier, Jack les tue... tous les deux. Le vieux veilleur de nuit Benny Mongrel a vu les gangsters entrer dans la villa, mais sans en ressortir. Ancien du gang des 28, il vit dans l'enfer des Flats et, ne voulant surtout pas replonger, il ne dira rien de ce qu'il a vu à personne. Jusqu'au jour où le flic Gatsby Barnard l'interroge et commet une erreur impardonnable. La guerre est alors déclarée et tous les coups sont d'autant plus recommandés que Barnard est lui-même sous la surveillance de Disaster Zondi, un enquêteur zoulou qui veut sa tête pour torture, meurtre et corruption.

 

Chronique d'Alexandre

Je vous parlerai aujourd’hui du livre « Mélanges de sang », de Roger Smith.

Jack Burn s’est exilé en Afrique du sud pour échapper à la justice de son pays. Curieux choix que celui des Cap Flat, l’une des régions du monde où la criminalité est la plus élevée.

Il croyait pouvoir mener une vie paisible, jusqu’au jour où deux métisses s’introduisent chez lui et tentent d’agresser sa famille. Dans un réflexe gardé de ses années de guerre en Irak, Jack les tue tous les deux. Contraint de rester discret sous peine d’arrestation et d’extradition, il se débarrasse des deux corps plus loin dans la ville. C’était sans compter l’opiniâtreté de Rudy Barnard, alias Gastby. Aussi énorme que véreux, ce flic fait sa loi dans la région et agit comme il l’entend. Lorsqu’il découvre les corps, Gastby remonte jusqu’à Jack et décide de s’en prendre à lui…

Dans cet ouvrage, l’Afrique du Sud est dépeinte sous un jour que peu lui connaissent. Les villes sont loin d’être ces endroit typiques que recherchent les touristes et le pays de l’après Apartheid, s’il à bien évolué, n’est pas aussi éloigné de l’époque ségrégationniste qu’il à connu… L’auteur nous dépeint le quotidien des habitants des Cap Flats, vivant dans la crasse et la misère. La loi n’étant présente qu’à titre indicatif, ce sont les gangs qui sont les véritables maîtres de la ville.

Cet aspect dépeint apporte beaucoup au récit. Il lui donne une touche de vérité fort appréciable et aussi inattendue qu’elle soit, jamais on ne doute du caractère plausible des éléments avancés.

Les personnages sont assez bien dépeints, quoique fort orienté dans sens d’un archétype pour chacun d’entre eux. Que ça soit le gros flic véreux à l’odeur corporelle insoutenable, l’agent spécial Zondi, redresseur de torts et chasseur de ripoux ou encore Jack Burn, fugitif américain victime de sa propre histoire.  Bien que légèrement décevant, cet aspect n’est pas non plus dérangeant dans la lecture. Oui, j’aurais bien aimé avoir affaire à des personnages légèrement plus nuancés, mais ça n’a pas freiné mon plaisir à la lecture de cet ouvrage.

L’histoire en elle-même est assez bien ficelée. Lorsqu’on parcourt les pages, on n’a pas le temps de s’ennuyer ou de se demander quand arrivera la prochaine scène d’action. Le rythme du récit est très bien balancé et si les scènes d’actions ne sont pas aussi nombreuses que ce à quoi on aurait pu s’attendre au vu de la quatrième de couverture et du titre, le reste compense largement ce manque. En effet, on suit d’assez près le cheminement interne des personnages tout au long du récit, ce qui vient combler les éventuels blancs qu’aurait pu laisser la rareté des scènes d’action.

Le plus gros point négatif pour moi tient du fait que le titre est à mon sens prometteur d’un roman fort noir, où les scènes d’action, voir de carnage sont fréquentes. Mélanges de sangs évoque pour moi un univers de violence crue et brutale. Non qu’elle ne soit pas présente, on y retrouve celle de la réalité des Cap Flats, mais elle l’est en filigrane tout au long du livre. Or, au vu du titre et de la quatrième de couverture, j’aurais bien aimé retrouvé au cours du récit la justification d’un titre aussi sombre qu’accrocheur…

Globalement, c’est un bon livre que je conseillerais à des personnes qui ont envie de se changer les idées sans avoir à trop réfléchir.

Alexandre

Calmann-lévy

20,50 euros

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Date de dernière mise à jour : 13/06/2012