Rupture, de Simon Lelic

rupture-lelic.jpg

Quatrième de couverture

Que s’est-il passé dans ce collège anglais par un après-midi caniculaire ? Pourquoi le prof d’histoire, monsieur Szajkowski, a-t-il ouvert le feu sur ses élèves et ses collègues avant de retourner l’arme contre lui ? Dépression nerveuse ? Pétage de plombs ? Schizophrénie ? L’inspecteur Lucia May se voit confier cette enquête sous l’œil de sa hiérarchie. Médias et politiques s’y intéressent de près... Pourtant, au fil des témoignages des adolescents, de leurs parents, des professeurs, quand Lucia pose les bonnes questions – forcément dérangeantes – se dessine une vérité complexe. Derrière la brutalité des faits rôde une violence insidieuse et meurtrière. 

Chronique de Garlon

Malheureusement, vous allez ici découvrir une chronique assez négative, ce livre n’ayant pas du tout répondu à mes attentes.

Dans un collège, un professeur, apparemment pris d’une soudaine folie, se met à tirer sur tout le monde, élèves et professeurs.
Chargée de l’enquête, Lucia va vite se rendre compte que la réaction de ce professeur est bien plus qu’une simple folie : c’est une rupture dans son esprit due à un harcellement constant, qui durait depuis des mois.

C’est assez rare pour moi, mais ça arrive : je n’ai vraiment pas aimé ce livre.

Au niveau de l’histoire, j’ai trouvé le concept assez intéressant, et plusieurs évènements auraient vraiment pu contribuer à rendre le tout très bien monté.
Par contre, l’entièreté du récit est d’un plat ! Je n’ai pas vraiment trouvé de rebondissements à l’histoire, il n’y a pas vraiment d’évènements qui relancent l’intrigue, et le lecteur perd donc très rapidement son intérêt pour le livre.
Le jeu d’avoir un chapitre avec l’enquête et la vie de Lucia suivit d’un chapitre avec le témoignage de quelqu’un sur les évènements du collège m’a parut assez intéressant au début. Mais seulement au début, car un gros défaut voit très vite le jour : l’enquête suit son court avec les évènements de tous les témoignages, alors que le lecteur n’en découvre certains que bien plus tard. Le résultat est très ennuyant : dans un livre du genre, l’intérêt réside en partie dans le fait de suivre l’enquête du personnage principal. Hors, ici, le personnage principal en sait beaucoup plus que le lecteur pendant une bonne partie du livre, faisant même souvent référence à des choses dont le lecteur n’est pas encore au courant (je pense notamment au match de foot), laissant ce dernier dans le flou total.
J’ai vraiment eu l’impression de lire un livre qui ne connaissait aucune évolution, et qui dévie sur plusieurs choses, pour finalement n’en développer correctement aucune (que ce soit la vie de Lucia ou l’histoire du collège, je n’ai été satisfait par aucun des deux).
Mais à part ça, je dois quand même soulever un point un peu plus positif : l’auteur nous développe ici énormément la cruauté, la méchanceté ou encore l’indifférence de l’homme face à des situations de harcèlement ou de violence, et fait tomber bien des masques. Mais j’ai trouvé que le comportement des personnages était parfois tellement exagéré que ça gâchait un peu tout ça, enlevant un peu de réalisme au récit.


Pour ce qui est du style de l’auteur, là aussi, je n’ai pas été du tout satisfait, et ai même été très agacé plus d’une fois. En effet, l’écriture m’a eu l’air vraiment très maladroite, beaucoup trop simpliste, avec un grand nombre de répétitions au niveau de certains mots (comme par exemple un grand nombre de “et” qui se succèdent, au lieu de simplement mettre des virgules). Ce style aurait éventuellement pu passer avec un livre pour enfants/adolescents, mais ici, avec un roman policier, je trouve que ça ne va pas du tout.

Abordons à présent le point des personnages... C’est peut-être le point que j’ai trouvé le plus négatif du récit. En effet, qu’importe la personne, chacun se comporte à la façon d’un adolescent qui fait sa crise. Les comportements sont beaucoup trop exagérés, pas vraiment réalistes au vu de la violence, de l’agressivité et de la stupidité des personnages. Pour les élèves du collège, une telle façon d’être peut être comprise, même si, même pour eux, je l’ai parfois trouvée exagérée, mais que l’on retrouve ce genre de choses, ce harcellement pour certains, cette soumission pour d’autres, de façon tellement exagérée, chez des adultes, je n’ai pas trouvé ça réaliste du tout, surtout si l’on considère que la presque totalité des personnages entre dans l’une des deux catégories...
De plus, la façon dont ils s’expriment montre encore plus un manque de maturité du récit, car ils s’expriment à la façon de jeunes enfants, que l’on pourrait même parfois trouver attardés, alors qu’ils sont de “respectables” professeurs ou policiers.

En bref, une très grosse déception pour moi. Tout le récit montre un certain manque de maturité. Un grand manque de rebondissements, un mauvais choix au niveau de l’agencement des chapitres et un manque de développement de l’histoire, couplé à un style fort simpliste et à des personnages beaucoup trop violents, agressifs et stupides font vraiment perdre tout l’intérêt du lecteur pour le récit. La critique de la méchanceté humaine présente est assez intéressante, mais, là encore, l’exagération des choses lui fait perdre sa crédibilité.

 

Rupture

Simon Lelic

Folio

368 pages

6,95 €

 

Garlon

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 09/06/2012