Interview de Denis Labbé 2

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Il y a maintenant plus de 2 ans, j'avais eu la chance d'interviewer l'auteur Denis Labbé après avoir lu son livre Marelle d'Ombres, publié chez Argemmios. Cette inteview vraiment très intéressante qui nous en apprend beaucoup sur l'auteur et le monde du livre, vous pouvez la trouver ICI.

Quelques superbes sorties de livres plus tard, je vous présente ici une nouvelle interview de cet auteur talentueux et plein de projets, qui fait cette fois suite à la sortie du tome 1 de Les Errants : Origines, paru aux Editions du Chat Noir.

Je vous laisse découvrir les très intéressantes réponses que l'auteur m'a donné :

1/ Pourquoi avoir décidé d’écrire une nouvelle série sur le thème des zombies  ? Est-ce dû à la mode du moment, à une envie de ta part d’explorer cette facette du fantastique ou la raison est-elle tout autre  ?


Le cheminement pour arriver aux Errants est assez complexe et en même temps logique. Je suis tombé par hasard sur le premier épisode de Walking Dead sur une chaîne satellite. Même si je connaissais les comics et même les romans, le côté visuel m’a frappé, non pas les zombies eux-mêmes, parce qu’ils m’ont toujours fait peur, mais les survivants. Pour une fois dans un récit de zombies, les personnages humains étaient plus importants que les créatures elles-mêmes. J’ai eu soudain l’envie d’écrire un roman sur ce thème, sans savoir que c’était autant à la mode. Il faut dire que depuis deux ou trois ans, je n’ai plus le temps de lire autre chose que de la SF pour la revue Macrocosme, car je suis réellement pris par mes propres romans. J’ai commencé la série pour adulte Les Marcheurs, avec de nombreux clins d’œil aux films et à la littérature de zombies. Mon intention était de centrer des récits autour de personnages, en France, dans un univers rural puis urbain, sans la puissance de feu des Américains, sans les supermarchés où cela se déroule en général et sans le côté survival préparé depuis des décennies comme on le voit actuellement dans certaines émissions. De plus, j’avais envie d’ancrer cela dans notre histoire et non pas de faire une critique de notre société consumériste comme c’est le cas de Romero depuis qu’il a lancé la mode dans les années 1960-1970. Après des recherches sur le Struthof, des discussions avec un responsable du camp, un professeur d’histoire et deux autres professeurs qui y vont régulièrement, j’ai mis en place ce récit.

Puis, aux Hallienales, l’année dernière, j’ai discuté avec Cécile Guillot qui cherchait des romans pour sa nouvelle collection « young adult » aux éditions du Chat Noir. Je lui ai répondu que je n’avais pas ça en stock. Et deux minutes plus tard, je lui ai proposé d’adapter Les Marcheurs pour les adolescents. L’histoire était lancée. Ce qui est amusant, c’est que la version pour les plus jeunes, écrite plusieurs mois après la version adulte, est déjà sortie, alors que l’autre attend toujours sa fenêtre.

 

 

2/ Qu’est-ce qui t’as poussé à prendre des adolescents comme héros  ?


Une partie de la réponse a été donnée plus haut puisque Les Errants sont destinés à un public plus jeune. En fait, dans la version adulte, c’est un professeur d’histoire qui raconte ce qui leur arrive, dans Les Errants, j’ai choisi une adolescente de 16 ans. Evidemment, c’était pour coller à la collection et au public, mais dans la version adulte, le professeur est en charge de quatorze adolescents. Il y en avait donc dès le départ puisque le récit démarre avec un voyage scolaire. Pour Les Errants, ce qui m’intéresse, c’est d’étudier les comportements de chacun, les relations entre les personnages et surtout de voir ce que chaque personnalité peut apporter au groupe. Ils sont huit au départ, même si le roman évoque aussi d’autres adolescents, et notamment certains des rescapés que l’on retrouve dans Les Marcheurs. Le premier roman de chaque série est lié à l’autre durant les premiers chapitres. Ensuite, les récits divergent complètement pour se croiser de temps en temps. Mettre en scène des adolescents permet de les faire évoluer vers l’âge adulte et de voir comment ils appréhendent le monde.

 

3/ Toi qui es également professeur, t’es-tu servi du comportement de tes élèves pour créer les réactions des ados du livre  ?


Evidemment. Mieux, la majorité des personnages prennent socle sur d’anciens élèves. Certains critiques s’étonnent de la manière dont j’ai mis en place les personnalités, en général pour en dire du bien. Je n’ai pas grands mérites car ces personnalités existent réellement. Jean-Mich’, le psychopathe, était un de mes élèves en 2012-2013. Il est aussi à la marge que mon personnage, même s’il est attachant. Il fait du tir, un art martial, se promenait avec des cadenas comme coups de poing américains dans son sac avant que je lui fasse comprendre que ce n’était pas nécessaire, collectionne les couteaux… Marion, la narratrice, était aussi une de mes élèves, comme Thibaut, Mélina et Nellie. Bien entendu, j’ai brodé, inventé, développé, tout en discutant avec eux de la manière dont je mettais ça en place. Si bien que certaines de mes inventions se sont révélées réelles, au grand étonnement de mes élèves. Ils sont tous contents d’avoir été transformés en personnages. Je tiens à préciser, qu’évidemment, ces personnages ne sont pas mes élèves, qu’ils en sont des avatars plus ou moins cohérents. C’est encore plus flagrant dans Les Marcheurs, car les personnages sont plus nombreux et que j’ai été inspiré par beaucoup d’anciens élèves. Dans Les Errants, seuls Cornélia, la gothic lolita, (qui est un private joke avec Georgia Caldera que j’avais gentiment menacé d’en faire l’un de mes personnages), Steve et Louis n’ont pas été influencés directement par mes élèves. Je ne voulais pas être prisonnier de personnes existantes pour tous mes personnages.

 

4/ Pour ce qui est de la rivalité entre professeurs, t’es-tu également servi de ton expérience personnelle  ?


Vaste programme. Tous les professeurs présents dans le roman m’ont été inspirés par des collègues. Le pire, c’est que ma cousine, qui est également professeur, a reconnu certains des siens. Je crois que tous les enseignants et tous les élèves vont croire que je me suis inspiré de quelqu’un qu’ils connaissent. Étonnement, je n’ai pas grossi les traits pour certains, tant j’ai rencontré de tels « personnages » depuis que j’enseigne. Le syndicaliste, objecteur de conscience, qui croit avoir toujours raison et qui se la pète, il en existe dans tous les établissements scolaires. Le professeur à côté de ses pompes qui gonfle tout le monde et qui fait cours pour lui-même, aussi. Le couple d’enseignants qui bossent dans le même lycée et ne se quittent jamais, il y en a partout. De plus, je ne vais rien dévoiler en disant qu’il existe d’importants antagonismes et beaucoup de jalousies entre les enseignants, parce que l’un a une classe que l’autre voulait ou qu’un prof écrit et que les autres n’y arrivent pas… Je n’ai fait que puiser dans ce que je connais. Il y a aussi un peu de moi dans le professeur d’histoire qui raconte Les Marcheurs, même si j’enseigne le français. Cela m’amuse d’égratigner l’éducation nationale dans tout ce qu’elle peut avoir de sclérosant et d’épuisant.

 

 

5/ Pourquoi les Vosges comme lieu pour l’action principale de ce premier tome  ?


Les Vosges se sont imposées d’elles-mêmes en raison de la présence du camp du Natzweiler-Struthot qui fut l’unique camp de travail sur le sol français. Je suis né en Lorraine, à Lunéville (ville d’origine des personnages des Errants et des Marcheurs), juste à côté des Vosges et j’ai eu la chance de visiter ce camp de concentration lorsque j’étais jeune. J’en garde des souvenirs pesants, même des décennies après. Comme je souhaitais qu’il y ait une base historique, j’ai fait des recherches sur les expériences nazies qui s’y sont déroulées et sur le développement de ce camp. Les éléments se sont emboîtés les uns après les autres dans Les Marcheurs. Pour Les Errants, je n’ai pas eu à faire toutes ces recherches. En revanche, j’ai approfondi les éléments descriptifs grâce à des photos, au site consacré au Struthof qui est magnifique. Comme j’adore les Vosges, j’ai voulu aussi amener des éléments géographiques, historiques, folklorique sur cette région afin de montrer à quel point elle est belle. Ce massif ancien possède une puissance évocatrice rare, des lieux étonnants comme le Mont Ste-Odile, des dizaines de châteaux, des légendes encore vivaces et plein de coins magnifiques.

 

6/ J’ai toujours l’impression que tu es sur plein de projets en même temps. Sur combien de livres travailles-tu en ce moment  ?


Je suis obligé de le dire ? J’ai cinq romans en cours. Le troisième volet de Wolveric qui va clore la série. Le synopsis est terminé et j’ai commencé à rédiger le premier chapitre, mais comme le tome 2 a été repoussé de trois mois, je sais que le 3 ne sortira qu’en 2015. Alors, j’ai repoussé aussi son écriture. J’ai aussi commencé un roman de fantasy mettant en scène l’un des personnages secondaires de Wolveric, une magicienne que l’on trouve dans le tome 2. J’ai aussi, un roman qui se déroule dans les Vosges et en Alsace et qui mélange fantastique et fantasy urbaine. Ensuite, j’ai un roman de science-fiction qui se passe dans deux époques à la fois, en Europe et au Groenland, avec deux narrateurs différents. Une sorte d’invasion extraterrestre qui me permet d’étudier les relations entre les personnages et la manière dont on peut s’opposer à une inexorable infection. A bien y penser, c’est un peu une sorte de Marcheurs dans le futur, même si les extraterrestres sont des végétaux. J’ai aussi un space opera que j’ai commencé pour Rivière Blanche et dont j’ai écrit le synopsis. A côté de ça, j’ai deux romans en tête, ce qui m’énerve car je n’ai pas encore eu le temps de les coucher sur papier. L’un est un roman jeunesse de fantasy dans lequel je vais mettre en scène le même univers que celui de Wolveric, mais avec de jeunes Sidhe et l’autre est l’adaptation de nouvelles. A côté de cela, je bosse sur les scénarios de BD de Wolveric (quelqu’un est déjà en train de travailler sur les planches) et des Errants (j’ai deux dessinateurs dessus). Durant les vacances, j’ai aussi écrit plusieurs nouvelles pour des appels à textes aussi différents que le western, la fantasy, le fantastique, la science-fiction…

 

7/ N’est-ce pas trop compliqué de travailler sur plusieurs livres en même temps  ? Arrives-tu bien à compartimenter chaque personnage, environnement, etc. au livre qui y est lié  ?


Dur ? Non. Je ne mets pas en place du tout les mêmes univers, ni les mêmes narrateurs, ni les mêmes personnages, ni le même style. Chaque univers est particulier, ce qui me permet de m’adapter à chacun avec assez de facilité. D’ailleurs, j’aime passer de l’un à l’autre, ce qui me permet de reposer une partie de mon cerveau tandis que je travaille sur un autre projet. Par exemple, lorsque j’écris une nouvelle, je le fais avec plaisir parce que je ne suis pas prisonnier d’un univers bien défini ou de personnages comme c’est le cas dans mes romans ou surtout, mes séries. Parce qu’il faut que le lecteur le sache, c’est qu’une fois que j’ai mis en place des éléments de décor, des traits de caractère, je ne peux plus m’en dépêtrer. Un univers se doit d’être cohérent, en cela, il n’est pas possible de le triturer dans tous les sens. Il en va de même pour les personnages qui doivent être crédibles et donc agir d’une certaine manière. On ne va pas faire de Marion une championne de boxe ou de course pour les besoins d’une scène, ni demander à Jean-Mich’ de faire preuve de clémence envers les zombies. En revanche, j’ai mis en place des personnages qui peuvent évoluer. Il en va de même dans mes autres projets. Aussi, passer de l’un à l’autre me permet d’explorer les facettes de personnages totalement différents, qui n’ont ni le même âge, ni les mêmes origines, ni les mêmes envies ou craintes. Dans le même temps, ceux qui vont lire ces différents projets vont se rendre compte que mes personnages sont liés les uns aux autres à travers les romans par certains éléments que je ne préfère pas divulguer ici.

 

8/ Qu’en est-il de la suite des Errants  ? Déjà une date pour le tome 2  ?


Le tome 2.0 est écrit. Je suis en train de le corriger avant de l’envoyer aux éditions du Chat Noir. Sa date de parution est prévue pour la rentrée 2014. Cela va dépendre de plusieurs éléments internes à la maison d’édition pour ce qui est du mois précis. Mais il est déjà programmé. Le récit reprend quelques semaines après la fin du premier tome et va conduire les adolescents vers Lunéville où ils vont découvrir que beaucoup de choses ont changé. Dans le même temps, il faut s’attendre à ce que les zombies changent aussi. Parce que les Errants qui se traînent, cela va un temps. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas dévoiler ce qui va arriver, mais je pense que les lecteurs vont être surpris. J’ai aussi développé des nouvelles mettant en scène des personnages secondaires que l’on croise dans les différents tomes des Errants et des Marcheurs et dont on ne sait pas grand chose. On va donc apprendre d’où ils viennent, ce qu’ils deviennent, comment ils ont évolué avant de rencontrer les adolescents, ce qui va éclairer non seulement l’histoire de ces personnages, mais aussi des zones d’ombre des récits. Le tome 2 des Marcheurs est, lui aussi, écrit.

 

 

9/ D’après ce que j’ai pu voir, une série dérivée concernant des personnages secondaires du tome 1 devrait voir le jour aux éditions Midgard. Pourrais-tu nous en dire plus  ?


En fait, certains personnages que l’on rencontre dans le tome 1 des Errants sont les personnages principaux des Marcheurs. Monsieur Fleckinger, le professeur d’histoire est le narrateur des Marcheurs, et des personnages comme Tanguy, Cyndie, Léonie, Camille, Zoé, Max… appartiennent à ce groupe. Nous avons inclus une liste en début de roman afin que les lecteurs ne se perdent pas au départ. Comme je l’ai dit, les Errants sont un dérivé des Marcheurs, et non l’inverse. Mais comme ce sont les Errants qui sont sortis avant, on pourrait croire le contraire.

 

10/ Combien de tomes au total devrait comporter l’histoire  ?


Honnêtement. Je ne sais pas. J’en ai quatre en tête pour les Marcheurs, chaque épisode étant lié à une période historique et à une région particulière. La seconde guerre mondiale et les Vosges pour le tome 1, Verdun et la première guerre mondiale pour le 2, Paris et la Terreur pour le 3, la Vendée et les Chouans pour le 4. En ce qui concerne les Errants, je ne les lie pas de la même manière. Les adolescents sont à la recherche de leurs parents et vont donc suivre ceux-ci, lorsqu’ils sont parvenus à s’échapper. Comme ils veulent demeurer ensemble, ils vont devoir trouver des moyens pour les atteindre. On en sait plus dans le tome 2. J’ai déjà en tête le 3, donc il y en aura au moins trois. Cela dépend des ventes, de l’éditeur, de mon inspiration. Beaucoup de facteurs entrent donc en compte.

 

11/ Est-ce que le fait de travailler sur le même univers pour deux maisons d’édition différentes n’est pas trop complexe à gérer  ?


Je ne m’occupe pas des maisons d’édition lorsque j’écris. Je le ferai peut-être si mes séries rencontrent un certain succès. Avec les éditions du Chat Noir, j’ai l’impression d’être chez moi. Ils sont adorables et, malgré la petite structure, bossent tous de manière très professionnelle. Il suffit de voir le trailer pour s’en convaincre. J’ai été bluffé lorsque je l’ai vu pour la première fois. La gestion des corrections, les échanges avec Mathieu ou Cécile, le choix de l’illustrateur, le lancement, tout a été réalisé avec beaucoup de tact, d’humanité et de finesse. Je suis vraiment heureux de les avoir rencontrés. En ce qui concerne Midgard, comme je suis aussi directeur de collection chez Asgard, ce n’est pas pareil parce que j’ai décidé d’engager une amie qui est journaliste pour m’aider dans mes corrections afin d’avoir un regard extérieur. Elle l’a aussi fait dans l’urgence pour le tome 2 de Wolveric. Autrement, je traite directement avec Rémy Guyard qui dirige la maison d’édition Midgard. Comme nous n’avons pas encore choisi l’illustrateur, ni la manière de lancer la série, je ne sais pas comment cela va se passer. Mais je le connais déjà puisqu’il a supervisé la sortie du tome 2 de Wolveric.

 

12/ Quels sont tes projets pour le futur?


J’ai un roman fantastique en lecture dans plusieurs maisons d’édition dont j’attends des réponses et un roman jeunesse (à partir de 10 ans) en lecture chez un éditeur du Nord qui met en scène le même personnage principal que dans mon roman jeunesse Le Pavillon Maudit sorti en 2001. Je prépare aussi un recueil de nouvelles qui pourrait sortir chez Lokomodo ou chez un autre éditeur. Il devrait faire suite à Miroirs d’Ambre en mélangeant récits déjà publiés en revues ou anthologies et d’autres inédits. Je devrais mettre en ordre mes nouvelles mettant en scène Ludivine, l’ancienne vampire qui traverse les siècles à la poursuite de ceux qui l’ont transformée et de ceux qui s’attaquent aux humains. Je ne sais pas encore chez qui cela va sortir. Je vais aussi terminer mes projets en cours, et ils sont nombreux. A côté de cela, je prépare des dédicaces et salons à travers le Nord et la Belgique. Deux en octobre, trois en novembre et sans doute une ou deux en décembre. J’espère y rencontrer des lecteurs intéressés et enthousiaste. Nous avons une attachée de presse chez Asgard qui nous boucle cela, en plus de ce que je trouve par mes propres moyens. Autrement, je continue à écrire des chroniques de livres ou de disques et des articles pour le magazine Macrocosme, les revues Galaxies et Mythologica (et pour le site), en plus de diriger la collection Nuit d’Avril chez Asgard. En septembre sort Palace Athéna de Jonas Lenn (un récit fantastique se déroulant durant l’exposition universelle de Paris), puis en octobre Evariste d’Olivier Gechter (un roman d’enquête fantastico-humoristique). En juin 2014, je devrais faire paraître La Boucle du temps, le tome 1 de Longtinonda, un roman de la Québécoise Nathalie Parent qui était sorti en 2010 au Canada et qui mêle fantastique et voyage dans le temps. Trois romans très différents et vraiment excellents. J’aime signer des gens qui viennent d’univers dissemblables et qui me transportent dans des ailleurs originaux.

 

 

Interview de Garlon auprès de l'auteur Denis Labbé

Commentaires (1)

Lamorlette David
  • 1. Lamorlette David | 24/09/2013
A la lecture de ces lignes, je deviens impatient de recevoir ma commande des éditions du chat noir :)

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