Interview de Denis Labbé

 

Denis Labbé est un homme de toutes les passions littéraires. Poète, critique, écrivain, traducteur, analyste littéraire, professeur de français, cet homme s'est forgé une très grande expérience dans tout ce qui tourne autour des livres.

Son receuil de nouvelles, vraiment magnifique, a été chroniqué sur le site. Vous pouvez trouver la chronique ICI

Je vous propose d'en savoir un peu plus sur lui, grâce à une interview qu'il a accepté de réaliser pour notre site.

Je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps, et vais donc vous laisser découvrir, à travers l'interview, cet homme aux si grandes expériences littéraires.

 

Bonjour Denis, et merci beaucoup d’avoir accepté de réaliser cette interview avec nous.

Tout d’abord, pouvez-vous nous parler un peu de vous ?

Cela risque d’être long. Mais je vais simplifier. Je suis professeur de français, docteur ès lettres (spécialisé en poésie moderne et contemporaine, et non pas en fantastique comme on pourrait s’y attendre). Je touche un peu à tous les domaines de la littérature, de l’écriture à la critique universitaire, de la traduction à la chronique, de la direction d’ouvrage au jury de prix littéraire. Côté vie privée, cela n’intéresse personne. Mais je peux ajouter que je suis un passionné de musique, en particulier de metal et de blues (j’ai d’ailleurs écrit un livre sur le metal) et que cela se ressent dans beaucoup de mes textes puisque j’écris toujours en écoutant de la musique. Comme en ce moment, alors que je réponds à vos questions.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de commencer à écrire ?

Demander à un écrivain ce qui lui a donné envie d’écrire, c’est comme demander à un nouveau-né ce qui lui a donné envie de respirer. Il n’y a pas d’envie. C’est simplement vital. Aussi loin que mes souvenirs me portent, et depuis que j’ai appris à lire, j’aime ça. Je crois néanmoins que mon envie d’écrire a dû me prendre vers l’âge de 9 ou 10 ans. A l’école primaire, j’aimais déjà écrire des rédactions. Plus tard, au collège, j’ai commencé à écrire des lettres ou de vagues trucs qui rimaient. Mais le vrai déclic a eu lieu en 1979, après un déménagement. Un jour, je me suis assis à une table, j’ai pris un crayon et je me suis mis à composer de la poésie. Toute mon adolescence s’est passée à écrire des poèmes. Des milliers de poèmes. J’ai fait mes gammes. Mon premier poème a été publié alors que j’avais 19 ans, lors d’un concours de poésie organisé par l’Institut Supérieur de Gestion. J’ai donc poursuivi dans cette voie. Et puis, un jour, j’ai commencé à écrire des nouvelles. Je suis un grand lecteur de fantastique et de science-fiction depuis le collège. Naturellement, mes récits sont partis dans cette direction, influencée au départ par des auteurs aussi différents que Lovecraft, Robert Bloch, Théophile Gautier ou Philip K. Dick.

 

Vous avez écrit de nombreuses choses, de la biographie au fantastique, en passant par des recueils de poésie, un roman pour enfants et des études littéraires sur divers livres connus (Da Vinci Code, Harry Potter, etc.). Quel est le domaine littéraire que vous préférez ?

Je ne pense pas avoir un domaine préféré. Si j’ai écrit tant d’ouvrages différents, c’est tout simplement parce que je m’intéresse à énormément de choses. En même temps, certains de ces livres sont le fruit d’opportunités. J’ai commencé par la poésie, puis j’ai contacté la revue Phénix pour y placer des articles et des critiques universitaires sur le fantastique. Comme ça a fonctionné, je leur ai proposé mes premières nouvelles qui ont été acceptées. Et de fil en aiguille, j’ai commencé à voir mes textes paraître sur différents supports avant que Léa Silhol ne me signe mon premier contrat professionnel pour une anthologie sur les vampires. Les essais sont venus un peu par hasard. J’ai proposé un ouvrage sur le fantastique à une maison d’édition scolaire (Ellipses), en même temps qu’un ami à qui j’avais donné l’idée et nous nous sommes retrouvés à écrire des essais à quatre mains. Certains que nous avions proposés (Shining de Stephen King, Harry Potter ou Le Seigneur des anneaux…), d’autres qu’on nous a demandé de faire (Da Vinci Code…). Après une dizaine d’essais ensemble, nous nous sommes fait un nom. Je poursuis d’ailleurs dans cette voie. Cela m’a permis de travailler sur des dictionnaires (notamment L’Encyclopédie du fantastique, toujours chez Ellipses) ou de préparer des ouvrages pour des classes de B.T.S. Il faut parfois tenter sa chance. Je l'ai fait pour mes recueils de poèmes en les envoyant à un éditeur ou à un concours. Pour mon roman jeunesse, Le Pavillon Maudit, ce fut une toute autre chose. J’ai la chance de compter Claude Seignolle parmi mes amis. Cela m’a fait connaître auprès de Marie-Charlotte Delmas, alors directrice de collection chez Syros, qui m’a guidé dans mon écriture. Pour le roman sur Seignolle, je l’ai simplement proposé à L’œil du Sphinx, appuyé par l’auteur lui-même. En revanche, mon recueil, Marelle d’Ombres est né d’un simple envoi par la Poste. Voilà, aucun domaine de prédilection. J’essaie simplement d’écrire ce que j’aime ou sur ce que j’aime. Comme ce livre sur le metal qui était un vrai rêve à réaliser. L’anecdote pour ce livre est assez savoureuse, parce que tout cela est parti d’une mauvaise critique que j’avais faite d’un livre sur le metal dans une collection dirigée par Gilles Verlant. Après cette critique nous avons échangé des mails, parfois virulents, car je n’étais absolument pas d’accord avec les options prises par l’auteur. Des mois plus tard, Gilles Verlant m’a contacté pour me proposer d’écrire un livre. Comme quoi, lorsqu’on est honnête avec quelqu’un, cela peut conduire à des choses étonnantes.

 

Où avez-vous trouvé toute cette inspiration ? Des auteurs que vous avez lus y ont-ils contribué ?

Je puise mon inspiration partout. Les idées sont vraiment étranges. On ne sait pas quand elles vont venir. Et souvent, quand on essaie de les forcer, elles s’éloignent, alors qu’au contraire elles naissent d’une rencontre, d’un rapprochement fortuit, d’une association d’idées, d’un mot ou d’un morceau de musique. Comme je suis enseignant, j’ai la chance d’avoir un véritable creuset pour construire mes personnages. Plusieurs élèves m’en ont inspiré. Alors, évidemment, je les transforme, je les malaxe, je les change, mais au départ, ce sont eux qui deviennent souvent la base de ces personnages. Ludivine, un personnage récurrent, est né d’une rencontre avec une élève que j’avais eue lors d’un remplacement. Je trouvais le prénom intéressant pour le donner à une jeune fille sombre, ancienne vampire, qui traverse les âges. Le personnage de Marie dans « La Coupe de ton regard » est aussi une ancienne élève. Mais, il n’y a pas que mes élèves qui m’inspirent. Ma famille, ma propre existence, sont aussi le creuset dans lequel je m’abreuve. Beaucoup d’éléments autobiographiques sont présents dans mes récits. J’y glisse de nombreuses anecdotes très personnelles. A côté de cela, toutes les lectures que je fais, tous les films que je regarde, toutes les séries télévisées que j’affectionne sont autant de déclencheurs d’inspiration. Il suffit que je trouve une idée quelque part pour que cela se transforme en récit. La musique aussi est une source intarissable. Beaucoup de titres de nouvelles sont issus de chansons.

En ce qui concerne les auteurs, j’aime tellement de monde, que cela pourrait être une liste à durer des heures. En plus de ceux que j’ai déjà cités et qui ont déclenché des nouvelles, je suis un fervent admirateur de Jack London, Murakami Haruki, Montesquieu, Voltaire, Cormac McCarthy, Jasper Fforde, Claude Seignolle, Alain Delbe, Robert Howard… Mais j’en oublie des centaines. Parce que j’aime autant le fantastique que la science-fiction, le roman policier historique (Kate Sedley par exemple) que la poésie.

 

Après avoir écrit de la poésie, vous avez écrit un grand nombre de nouvelles qui ont été publiés dans diverses anthologies. Comment est-ce que tout cela a commencé ? Pourquoi être passé de la poésie à la nouvelle ?

Je crois avoir répondu par anticipation un peu plus haut. Mais pour préciser, je ne suis pas passé de l’une à l’autre, mais j’ai écrit l’un et l’autre. Le poème devenait un peu trop court pour ce que j’avais à dire, la nouvelle est alors apparue comme la suite logique. En même temps, j’avais envie d’écrire autre chose, de dire autre chose. Et de le dire autrement. Le rapport au monde de la poésie n’est pas exactement le même que dans la nouvelle où l’on peut se dissimuler dans les tentures du récit pour observer ou pour agir sans qu’on nous voit vraiment. Dans la nouvelle, les personnages peuvent être une partie de nous-mêmes, être quelqu’un d’autre, alors que la poésie accapare pleinement la voix du poète. Ce sont deux démarches d’écriture différentes. Je pense aussi m’être lassé de l’écriture poétique à un moment. Après quatre recueils publiés, j’ai eu soudain l’impression d’avoir fait le tour de la question, si bien que la poésie s’est peu à peu effacée derrière la prose. Mais cela ne veut pas dire que je n’en écris plus ou que je n’en écrirai plus.

 

Quelle est la raison qui a fait que vous ayez envie d’écrire des nouvelles fantastiques ?

Mes angoisses, sans doute. Le fantastique est un genre éminemment transgressif qui cristallisé toutes les rebellions possibles. En cela, il offre une liberté rare. Il permet notamment de jouer avec les lois physiques, d’inventer des personnages hors du commun, de modifier la réalité. Il symbolise toutes les angoisses, tous les phantasmes, toutes les attentes humaines. On peut vraiment le modeler comme on le souhaite, sans réellement s’inquiéter des conséquences. Dans le même temps, mes lectures m’ont permis de découvrir des auteurs fabuleux dans la littérature fantastique, ce qui m’a sans doute entraîné à vouloir marcher dans leurs pas. Lorsqu’on lit Poe ou Théophile Gautier, on ne peut qu’admirer les atmosphères mises en œuvre. Il suffit de découvrir Murakami Haruki pour être admiratif de sa science de la construction et de son inventivité. Jasper Fforde est capable de développer des univers délirants, alors que Léo Perutz ou Franz Kafka jouent tellement avec l’absurdité de l’existence que cela en devient unique.

 

D’où vous est venue l’idée de regrouper une partie de vos nouvelles pour en faire le recueil Marelle d’Ombres ?

Après la publication d’une cinquantaine de nouvelles sur de nombreux supports professionnels ou amateurs, dans des revues ou en anthologies, j’avais envie de voir certains de ces textes rassemblés en famille plutôt que de les voir disséminés au milieu d’inconnus et surtout dans des pages souvent épuisées. Ce premier recueil est une sorte d’aboutissement, mais pas une fin en soi. C’est un palier que je souhaitais franchir. A chaque fois qu’un de mes livres est imprimé, cela me réjouit, mais là, je dois avouer que j’étais vraiment fier quand je l’ai tenu entre les mains. Il marque aussi le point final de ma collaboration avec la défunte maison d’édition Oxymore à qui je dois beaucoup, puisque plusieurs nouvelles ont d’abord été publiées dans ses anthologies ou ont été écrites pour ses appels à textes.

 

Concernant l’édition de ce recueil, quelles ont été les raisons qui ont fait que vous l’avez publié chez Argemmios plutôt qu’un autre ?

La réponse est simple. J’ai vu qu’Argemmios cherchait des ouvrages. J’ai rassemblé mes nouvelles, composé ce recueil et envoyé le tout avec une lettre. Je connaissais un peu Nathalie Dau, je savais qui elle était. J’ai néanmoins été vraiment surpris de recevoir assez rapidement une réponse positive. C’était au milieu des vacances. J’étais du côté de Perpignan et j’ai longtemps été incrédule. A tel point d’ailleurs que je n’ai même pas osé ouvrir le mail tout de suite, de peur d’essuyer un refus. Je ne regrette pas de l’avoir envoyé chez eux, car la collaboration avec Nathalie a été vraiment fructueuse. Tout d’abord, c’est une personne vraiment délicieuse, un écrivain de grand talent comme le montre son dernier recueil « Les Contes Myalgiques 2 » et une directrice d’ouvrage compétente. Elle possède une vraie maîtrise de la langue française et sait identifier ce qui alourdit un style. Mes nouvelles ont gagné en clarté après leur passage entre ses mains. 

 

Vous développez de nombreux personnages dans vos nouvelles. N’avez-vous pas de pointes au cœur lorsque vous arrivez au bout de l’une d’entre-elles et devez donc en finir avec les personnages ?

Certainement. Mais comme tout parent qui voit son enfant quitter le nid familial. Lorsque je construis un personnage, je sais qu’un jour ou l’autre il va me quitter pour vivre sa vie. A part certains qui deviennent récurrents. Mais ils sont rares. Il y a Ludivine et Wolveric. Ce sont les deux seuls. Mais je ne ferme pas la porte aux autres. J’ai des projets pour certains d’entre eux, mais je ne les mets pas souvent en œuvre. Cela pourrait arriver. Je comprends la déception des lecteurs qui, s’étant attachés à des personnages de nouvelles, voient le récit se terminer au bout d’une dizaine de pages. Certains en veulent plus.

 

La couverture du recueil est en fait le tableau d’un peintre. Pourquoi avoir opté pour ce genre de couverture ?

J’ai rencontré Gilles Grimoin à Collioure où il vit et travaille. J’ai immédiatement eu un coup de cœur ou de foudre pour son œuvre. Nous avons d’ailleurs des univers assez proches, même en ce qui concerne les goûts musicaux. A force de le côtoyer, d’acheter quelques-uns de ses tableaux, nous avons sympathisé. Il m’a lors offert les droits de ce tableau que j’avais acheté pour en faire la couverture de mon recueil. C’est un véritable artiste et un type adorable, complément déjanté. Mais au moins, j’ai une couverture qui ressemble à quelque chose. Nathalie Dau l’a immédiatement acceptée et m’a ensuite proposé la mise en page. Ajoutons que Gilles a gracieusement réalisé un dessin de clef que l’on retrouve à l’intérieur du recueil. Cette même clef qui ouvre beaucoup de mes textes.

 

Vous êtes, en plus d’auteur, critique littéraire. Et quel critique !!!! Vous avez, d’après ce que j’ai pu constater, une très grande expérience dans le domaine. Pouvez-vous nous parler un peu plus de votre carrière de chroniqueur ?

Comme je l’ai précisé au début, j’ai une solide formation universitaire, ce qui me sert évidemment. Je n’ai aucun mal à percevoir un texte dont je peux ensuite parlé en m’appuyant sur mes connaissances techniques. J’ai cet avantage sur pas mal de soi-disant critiques ou de soi-disant journalistes que je sais de quoi je parle. Lorsque j’entends ou que je lis certains d’entre eux qui confondent auteur et narrateur, qui pensent que le « je » d’un texte c’est le « je » de celui qui écrit ou qui ne savent pondre que des commentaires du genre « c’était bien » ou « je n’ai pas aimé », cela me donne envie de vomir. Et je ne parle pas uniquement d’internet, mais aussi bien de la presse écrite, des chroniqueurs de la télévision voire des revues spécialisées. Certaines ne sont là que pour passer la brosse à reluire à leurs copains ou pour descendre ceux qu’elles n’aiment pas. Souvent, c’est hallucinant de bêtise, d’ignorance et de petitesse d’esprit. De plus, j’essaie de ne pas prendre le lecteur pour un abruti. Même si j’emploie parfois quelques termes techniques, je le fais car je crois que cela peut apporter un peu à celui qui lit mes critiques. Je ne détiens pas la connaissance, j’ouvre simplement des pistes de lecture pour ceux qui me font l’honneur de me lire.

 

Etre à la fois auteur et chroniqueur n’est-il pas trop difficile ? Le fait d’être également chroniqueur a-t-il été un avantage ou un désavantage au fait d’être auteur ?

Je ne peux pas toujours faire l’un et l’autre. Les deux activités sont mangeuses de temps. A certains moment, je privilégie l’une ou l’autre. En ce moment, j’alterne. Je viens de participer à un ouvrage scolaire, ai écrit quelques chroniques de disques, mais je suis surtout en période d’invention. En automne 2009, j’ai d’ailleurs eu un gros coup de blues et j’ai stoppé toutes mes activités de critique. Je venais d’enchaîner plusieurs années pour le site www.lefantastique.net, j’avais écrit pour différentes revues (Galaxies, Bifrost, Khimaira…) et travaillé sur plusieurs essais et deux dictionnaires, quand j’en ai eu marre. J’ai presque tout arrêté. Je reprends petit à petit pour d’autres sites à présent : Psychovision, Fées Divers, Mythologica ; et je continue ma collaboration avec Galaxies dans laquelle je tiens la rubrique Autres Mondes qui évoque des auteurs en marge de la SF et du fantastique. Mais la critique a un avantage, elle me donne accès à des ouvrages que je n’aurais peut-être pas découvert en temps normal. Donc, pour moi, les deux activités sont complémentaires.

 

Avez-vous parfois tendance à vous « autocritiquer » lors de la relecture de vos récits ?

Je ne fais que ça. Je ne cesse de me lire et de me relire, de corriger, de couper, d’ajouter. Il y a plusieurs années, je me demandais pourquoi des auteurs comme Claude Seignolle ou Alain Delbe modifiaient leurs anciens textes. A présent, j’ai compris. Plus on écrit, plus on se perfectionne et plus on devient perfectionniste. En tout cas, c’est comme ça pour moi. Je porte un regard très négatif sur mes premiers textes, aussi bien mes poèmes que mes nouvelles.

 

Vous vous êtes également lancé dans la traduction, pendant un temps. Pourquoi avoir arrêté ?

Ça va être rapide. Cela me prenait trop de temps et je n’étais pas assez bon pour que ce soit rentable. A un moment, il faut choisir. Je ne renie pas ce que j’ai fait, car j’ai pu avoir accès à des auteurs formidables, mais c’était trop prenant et je ne pouvais pas tout faire.

 

En plus de toutes les autres casquettes littéraires que vous avez, vous êtes professeur de français. Ca en fait des fonctions. N’est-ce pas trop dur de passer de l’une à l’autre ?

Non, pourquoi ? Mon esprit est suffisamment ordonné et compartimenté pour que je puisse passer de l’un à l’autre. Et puis, chaque activité nourrit l’autre. J’ai déjà évoqué l’impact de mes élèves sur mon écriture, je peux y ajouter mon métier et mes collègues aussi. Mais l’écriture alimente également mes cours. Avec les connaissances que j’ai dans le milieu littéraire, je peux faire venir des écrivains dans mon lycée. Tout le monde est gagnant. Même mon activité de chroniqueur profite aux élèves puisque je peux faire acheter des ouvrages que j’ai lus par la documentaliste ou lui donner des livres que j’ai en trop.

 

Avez-vous déjà fait lire certains de vos écrits à vos élèves ? Pour quelle raison l’avez-vous (ne l’avez-vous pas) fait ?

Non. Ce n’est pas le lieu. Certains ont lu mes textes, quelques-uns ont même acheté mon recueil ou avant mon roman jeunesse lorsque j’enseignais encore au collège. Mais, si je ne cache pas le fait que j’écrive, mes cours ne sont pas là pour je fasse étudier mes textes. En revanche, cela s’est fait dans des classes autres que la mienne puisque mon roman jeunesse a été étudié dans des collèges. Et cela va se faire, puisqu’un manuel scolaire a repris un extrait d’un de mes articles sur la terreur moderne dans sa partie sur le fantastique. Cela m’a fait tout drôle d’ouvrir ce manuel et de tomber par hasard sur mon nom.

 

Dans le domaine de l’enseignement, les récits de SFFF ne sont pas encore très bien perçus, malgré un net progrès ces dernières années, car ils n’ont, d’après certains, qu’un aspect de distraction. Vous qui enseignez et lisez/écrivez du SFFF, quel est votre point de vue sur le sujet ?

Le fantastique tient une place non négligeable dans l’enseignement, notamment au collège, mais aussi au lycée. Des auteurs comme Poe, Maupassant, Gautier voire Claude Seignolle sont présent dans les manuels scolaire. Kafka est aussi enseigné. En France, les enseignants sont quand assez libres de proposer les textes qu’ils veulent. Pour la science-fiction, c’est un peu différent. Contrairement au fantastique, elle est moins présente à l’université et donc, moins présente dans les collèges et les lycée. Mais on peut l’enseigner. Je fais lire La Route de Cormac McCarthy à mes élèves de première. Je leur fais découvrir Murakami Haruki, James Lovegrove, Thomas Pynchon, Philip K. Dick… Des gens comme Orwell ou Huxley sont enseignés. Il faut simplement que le temps fasse son œuvre et que les enseignants soient moins frileux. 

Avez-vous des projets d’écriture en cour de réalisation ? Un roman fantastique, peut-être ?

En ce moment, j’ai plein de projets en cours. J’ai deux recueils de nouvelles en lecture dans deux maisons d’édition différentes. Un nouveau roman jeunesse est aussi en lecture. Cette semaine, je viens de finaliser un roman de fantasy que je dois envoyer à quelqu’un que j’ai rencontré à Trolls et Légendes. Je suis également en pleine écriture d’un roman fantastique qui se passe à la fois au 20ème siècle et sous l’Antiquité romaine.

 

Merci beaucoup d’avoir accepté cette interview et je vous souhaite, au nom de toute l’équipe du site, une bonne continuation.

 

 

Garlon

 

 

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau