Interview de J. Heska

Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir. Un titre qui m'a tout d'abord interpellée. Une couverture qui m'a amusée, un résumé qui m'a attirée et au final une lecture qui m'a énormément plue (vous pouvez d'ailleurs trouver ma chronique ici). Derrière ce livre plus que sympathique, se cache J. Heska, un auteur ouvert et proche de ses lecteurs dont il m'a été fort agréable de faire la connaissance. C'est avec beaucoup de joie que je vous présente l'interview qu'il a accordé à Lire Ou Mourir, et j'espère que vous éprouverez autant de plaisir à la lire que j'ai eu à la réaliser.

1) Cher J. Heska, bonjour. Tout d’abord, un énorme merci de bien vouloir te prêter au jeu de l’interview pour le site. Pour nos lecteurs, peux-tu te présenter s’il te plaît ?

Bonjour, un grand merci également à la rédaction de Lire Ou Mourir pour cette interview (et pour la chronique très sympa sur mon livre, les 40kg de chocolat arriveront bien la semaine prochaine, comme prévu).

Alors, pour me présenter rapidement : je suis un jeune auteur de 27 ans, passionné par la littérature, le cinéma, la B.D., les jeux vidéo et le monde qui m’entoure. Je suis également rédacteur du blog « L’univers de J. heska » (http://www.jheska.fr) dans lequel je mets en scène mes délires quotidiens et vrai écrivain publié depuis le 14 février.

Mon roman Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir, est disponible dans toutes les librairies, et a la chance de connaître son petit succès grâce au bouche à oreille !

2)  Commençons par le début : qu’est ce qui t’as donné envie d’écrire, à la base ?

Comme tout « artiste », je pense que l’envie vient du besoin vital d’expulser des idées d’un esprit trop encombré, afin d’éviter la schizophrénie.

Pourtant, initialement, rien ne me prédestinait à écrire. Contrairement à beaucoup d’écrivains, je n’ai pas commencé dès ma plus tendre enfance à dévorer l’intégrale de Kant. J’avais d’autres intérêts. La littérature, je trouvais ça trop lent, introspectif, compliqué, et peu inventif…  

Et puis le déclic a eu lieu peu après mon adolescence. J’ai découvert des œuvres qui ont su m’intéresser et, en parallèle, une certaine maturité d’esprit m’a amené à percevoir le pouvoir des mots. J’ai alors commencé à écrire de façon beaucoup plus sérieuse. J’ai cultivé ce goût. Et je ne me suis pas lassé.

3)  Quels sont tes auteurs préférés, ainsi que les livres qui ont marqués ta vie de lecteur ?

Je n’ai pas à proprement parlé de « maître spirituel jedi » qui me guiderait littérairement, ce sont plutôt des œuvres particulières qui me font vibrer.

Mon roman préféré est « Dragon Déchu » de Peter F. Hamilton, parce que je m’identifie énormément au héros. Si quelqu’un souhaite un jour connaître les rouages de ma psychologie, je lui conseille ce livre !

Sinon, les autres romans qui m’ont influencé sont La Guerre du feu, et la façon très brute de Rosny Aîné de décrire les scènes de combat ; Le meilleur des mondes, de Huxley, où j’ai découvert la construction d’un univers crédible basé sur des principes sociétaux complètement différents ; Band of brothers de Stephen Ambrose (qui n’est pas un roman à proprement parler) mais qui prend d’autant plus de profondeur que les évènements racontés sont véridiques.

Et sinon, j’ai adoré Spin de Robert Charles Wilson, un des derniers livres que j’ai lu, même si je l’ai trouvé un peu longuet (je suis très mauvais public). Et j’ai presque fini le chef-d’œuvre de Gracianne Hastoy, Une vie plus loin !

4) Comment t'es venu l'idée de cette histoire ? Savais-tu dès le début comment elle allait évoluer ?

L’idée de cette histoire m’est venue comme toutes les autres. Un flash, un jour où j’ai assisté à un comportement peu glorieux dans une file d’attente. La petite lâcheté quotidienne d’une personne qui passe devant tout le monde en faisant semblant de ne rien remarquer. Je me suis alors demandé ce qui se passerait si les autres, au lieu de ne pas réagir, se rebellaient, et remettaient le fautif dans le droit chemin. La base du mouvement cimondiste, au cœur du roman, venait de naître.

Ensuite, tout est venu naturellement. Le fond : l’enchaînement de l’action, les personnages, etc. et la forme : un récit à la première personne sous forme d’un journal intime.

Et après une longue phase de maturation dans mon esprit, j’ai écrit le roman, presque d’un seul trait, en quelques semaines. Je savais donc dès le début où j’allais aller. Sauf pour la fin exacte. Je me réserve toujours une petite surprise.

5) Ce fameux Jérôme, il est très facile de s'identifier à lui. Est-il quelqu'un de réel, un amalgame d'expériences personnelles et de témoignages ou sort-il tout droit de ton imagination ?

Un peu des trois ! Jérôme est en fait construit sur une base de moi-même adolescent qui serait resté bloqué dans un certain enfermement psychologique. J’y ai rajouté des bouts piochés à droite à gauche dans mon entourage, et d’autres inventés. On obtient donc une espèce de pantin rapiécé qu’il convient d’animer.

C’est ce que je fais en lui collant une expérience, une trajectoire personnelle, des envies, des comportements, un physique, des tocs, des blessures. Est-il plutôt thé ou café ? Est-il battant ou résigné ? Qu’achète-t-il au supermarché ? A-t-il manqué d’amour paternel durant son enfance ? A-t-il des douleurs musculaires ? Est-il beau ?

Je réponds à toutes ces questions pour Jérôme, puis pour chacun de mes personnages. Et quand tout est assez mûr dans mon esprit, je les lance sous les projecteurs.

6) Ton style est très fluide, les mots glissent tout seul. L'écriture a t-elle été facile ou as-tu eu des difficultés par moments ?

Je vais te dire un secret : pour ce roman, l’écriture a été beaucoup plus facile que les autres, car il est écrit à la première personne du singulier. Forcément, le « je » implique une personnification de l’écriture qui rattrape les faiblesses de l’auteur. Un mot mal employé, une répétition, un vocabulaire approximatif, une description trop sommaire, l’utilisation de gros-mots, et c’est le personnage qui porte le chapeau. Après tout, c’est lui qui rédige son journal intime !

Après, certains chapitres m’ont posé plus de problèmes que d’autres. Mais lorsque se présente une difficulté de ce type, j’ai deux méthodes pour les contourner : soit j’y reviens plus tard, quand j’aurais plus d’inspiration, soit je me force à écrire ce qui me passe par la tête, sans chercher la cohérence, pour y revenir lors de mes phases intenses de correction.

7) Il n’est pas évident pour un jeune auteur de se faire éditer. Quel a été le parcours de ton histoire avant de se retrouver chez les libraires ?

Un vrai parcours du combattant ! J’ai frappé aux portes des plus grandes maisons d’édition françaises, un peu naïf que j’étais, pensant sincèrement que si j’envoyais 130 manuscrits, j’aurais au moins une réponse positive… Avec le recul, je me dis que j’aurais pu épargner la vie de nombreux arbres…

Finalement, un soir de déprime, je marque sur mon profil Facebook que je renonce à l’édition standard et que je souhaite m’auto-éditer. Et puis, un débat s’engage avec plusieurs personnes, notamment sur le fait que si mon livre n’a pas trouvé preneur, c’est qu’il est mauvais. Un d’entre d’eux, un éditeur pour une maison d’édition québécoise (Transit Editeur) que je ne connaissais pas, s’engage à le lire à m’en faire une critique détaillée. Je lui envoie le manuscrit, sans trop y croire. Quelques temps plus tard, je reçois une réponse : ils ont adoré le manuscrit, et souhaitent le publier !

Mon aventure commence.

8) Tu es très présent sur internet, que se soit via ton blog, Facebook ou encore Twitter. Pour toi, simples passe-temps ou véritables outils de communication et de promotion ? Ont-ils aidés au succès de ton livre ?

J’étais déjà très présent sur Internet avant même la publication de mon livre, au travers de mon blog (« L’univers de J. Heska », http://www.jheska.fr), et des réseaux sociaux. Le blog répondait d’ailleurs à mon objectif 100% narcissique de pouvoir enfin être lu. C’est aussi un laboratoire dans lequel j’expérimente un certain nombre de choses. Donc, point de stratégie marketing liée à la sortie de mon livre. Le blog est d’ailleurs resté un espace libre et sans contrainte où je continue à mettre régulièrement mes petits délires quotidiens et où je parle, finalement, assez peu du livre.

Facebook et Twitter se prêtent plus facilement au sujet de la promotion, car on est dans l’échange très interactif et l’instantanéité. Lorsque je rentre dans le TOP FNAC, je ne peux m’empêcher de le hurler sur Facebook ou sur Twitter. Et puis, il faut avouer que la sortie du livre et son cortège de petites infos m’ont permis de remplir plus facilement mes statuts. Les gens en avaient marre de voir des photos de mon chat !

L’impact d’Internet dans le succès du livre reste très difficile à évaluer, mais je pense tout de même avoir pu bénéficier d’un effet « buzz » assez important. Mais c’est aussi parce que tout ce que j’entreprends est avant tout lié à une envie, et pas à des raisons marketing.

9) As-tu d’autres projets en cours ?

Oh oui, plein ! Je suis accaparé en ce moment par la sortie de mon livre, les contacts presse, les dédicaces, les projets que j’essaie de construire (dont Hermès, le livre voyageur, une chaîne de blogueurs qui s’envoient le roman), le blog, mais je suis en train de réfléchir à mon second livre, qui serait dans la veine de Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir avec une composante plus orientée « Thriller économique ».

Et pas de projet dans l’immédiat de Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir 2, le retour ;-).  

10) Le mot de la fin pour les visiteurs de Lire Ou Mourir ? Comment leur donner envie de lire Pourquoi les gentils ... ?

Oh… J’ai déjà donné plus d’une centaine de raisons d’acheter mon livre ici : http://www.jheska.fr/pages/100_bonnes_raisons-4651157.html

Mais, pour être plus sérieux, si vous voulez faire la promotion d’une littérature sympa et surtout, de permettre à un jeune auteur de sortir un jour son second livre, précipitez-vous dans vos librairies ! N’hésitez pas non plus à découvrir les premières pages du roman ici : http://www.jheska.fr/pages/pourquoi-les-gentils-extrait-4455114.html

Et pour le mot de la fin : Merci ! (ou pouet, mais c’est un peu ringard)

Je te remercie beaucoup d'avoir pris de ton temps pour nous offrir des réponses claire, drôles et très intéressantes.

Interview réalisée par Archessia

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