Interview de James Hayman

Merci aux éditions L'Archipel et à LP Conseils de nous avoir permis d'avoir cette interview


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Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

Je ressemble beaucoup au héros de Donne-moi ton cœur, le sergent Michael McCabe. Comme lui, je suis originaire de New York. Il est né dans le Bronx et moi à Brooklyn, mais nous avons grandi dans la même ville.

McCabe a fait une école de cinéma et voulait devenir réalisateur, mais il a laissé tomber pour rejoindre les forces de la police de New York, gravissant les échelons pour devenir le meilleur inspecteur de Manhattan. Je suis diplômé de l’université de Brown et voulait devenir écrivain. Mais je devais manger et me loger… Heureusement, j’ai trouvé quelqu’un qui voulait bien me payer pour écrire. Cette personne, ce fut le directeur de la création de l’agence de pub new-yorkaise Young & Rubicam. J’ai découvert que, non seulement j’adorais écrire des pubs et des spots TV, mais que j’étais bon ! En vingt ans chez Y&R, j’ai évolué pour devenir directeur de la création de grands comptes comme l’US Army, Procter & Gamble ou Ford.

McCabe et moi avons tous deux épousé des brunes magnifiques. L’épouse de McCabe, Sandy, l’a quitté pour s’enfuir avec un riche banquier qui n’avait « aucune envie de s’occuper des enfants d’un autre ». Mon épouse, Jeanne, bien qu’elle ait eu plein de bonnes raisons de me laisser en plan, a tenu le coup et nous sommes toujours mariés. C’est ma meilleure amie, ma lectrice la plus fidèle et une critique perspicace.

McCabe et moi avons tous deux quitté New York pour Portland, dans le Maine, sur la côte nord-est des Etats-Unis. J’y suis arrivé en août 2001, peu avant l’attaque du 11 septembre, alors que je cherchais un endroit pour réaliser mon rêve de devenir auteur de suspenses. McCabe est venu à Portland quelques années plus tard afin d’échapper aux ombres de son passé et trouver un endroit sûr pour élever sa fille adolescente, Casey.

Il y a d’autres similarités entre McCabe et moi. On aime tout les deux le bon whisky, les vieux films et l’équipe de football américain de New York, les Giants. Et nous aimons et partageons la vie d’artistes talentueuses. 

Il y a aussi quelques différences entre lui et moi. McCabe est beaucoup plus courageux. C’est un meilleur tireur. Il ne vomit pas lors des autopsies. Il a plus de facilités à prendre des risques. Son bar préféré de Portland, le Tallulah, sort tout droit de mon imagination. Mes bars préférés, eux, sont bien réels.

 

Quand avez-vous commencé à écrire et pourquoi ?

J’ai toujours été un écrivain dans l’âme, dans le sens où j’ai inventé des histoires toute ma vie. Doté d’une imagination prolifique, j’ai passé beaucoup de temps pendant mon enfance à élaborer des histoires de guerre ou à mettre en scène mes sportifs préférés. Cependant, je n’avais jamais eu l’idée de les coucher sur le papier.

Au cours de mes années dans la publicité, j’ai toujours adoré lire des thrillers en me disant qu’un jour il faudrait que j’essaie d’en écrire. Comme beaucoup de gens, j’ai remis à plus tard ce projet jusqu’au jour où j’ai vu des cheveux blancs en me regardant dans le miroir. J’ai décidé que c’était le bon moment, que si je voulais écrire un thriller, c’était maintenant ou jamais. J’ai donc quitté la publicité et passé dix-neuf mois à écrire ce qui deviendrait Donne-moi ton cœur. A mon grand étonnement, j’ai trouvé un agent et un éditeur presque immédiatement.

Toutes ces années à écrire pour la télévision se sont révélées être un excellent exercice qui a contribué au succès de mon livre. Les publicités vous apprennent à écrire de manière condensée et efficace ! En 60 secondes, vous devez raconter une histoire, du début à la fin, en 120 mots ou moins. Chaque mot compte. Vous ne pouvez pas vous permettre d’en gaspiller un seul. C’est un atout pour écrire des romans à suspense.

De plus, écrire pour la télévision vous apprend à rédiger un dialogue. Beaucoup d’écrivains trouvent difficile d’écrire de bons dialogues mais, sans doute à cause de mon passé de publicitaire, cela me vient naturellement. Quiconque lit Donne-moi ton cœur se rendra compte que je raconte principalement l’histoire à travers les dialogues des personnages.

Enfin, la télévision force un écrivain à penser en images. Vous devez toujours savoir où se trouve la caméra et ce qu’elle montre. Grâce à ça, on peut facilement donner au lecteur une image vive de l’action.

 

donne-moi-ton-coeur-1.jpgPouvez-vous nous parler de Donne-moi ton cœur ?

Donne-moi ton cœur est mon premier roman. C’est aussi le premier d’une série mettant en scène Mike McCabe et sa partenaire, l’inspecteur Maggie Savage. L’histoire se déroule dans la petite ville côtière de Portland, dans le Maine, parce que je pense que Portland offre le décor idéal pour un auteur de thrillers. C’est une ville rude, vivante, qui possède une architecture magnifique, une histoire riche, une forte activité maritime, de bons bars et restaurants. Les forces de l’ordre assez importantes pour faire appliquer la loi et ce qui va avec, mais également assez limitées pour que tous les flics se connaissent personnellement. Le climat froid du Maine et ses conditions climatiques extrêmes sont également un vrai plus. Le temps joue un rôle important dans le premier chapitre de Donne-moi ton cœur.

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

Les idées et l’inspiration sont présentes tout autour de nous. Les personnes que nous connaissons, les endroits où nous vivons, ce que nous lisons dans les journaux, ce que nous voyons au cinéma, à la télévision, tout ce qui nous entoure constitue une source d’inspiration. L’écrivain doit juste reconnaître la bonne idée et être capable de la développer.

L’intrigue de Donne-moi ton cœur m’a été inspirée par deux articles de journaux, puis j’ai eu un déclic grâce au film Loin de chez eux (avec l’actrice française Audrey Tautou).

J’ai mélangé tous ces éléments jusqu’à imaginer le scénario de Donne-moi ton cœur. Mais, comme j’écris sans trame figée, nombre des rebondissements ne découlent pas uniquement de l’intrigue initiale, mais aussi de la direction où McCabe et mes autres personnages m’entraînent.

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