Interview de Nathalie Dougal

 

Nathalie Dougal a publié il y a peu son premier livre : La révolution jacobite, tome 1 de la série La mèche de guerre des Mac Donald.

Vous pouvez trouver la chronique du livre ICI.

Il s’agit, vous vous en doutez, d’un roman historique se passant en Ecosse. Un roman passionnant écrit par une passionnée.

Suite à la publication de son livre, Nathalie a accepté de répondre à quelques questions dans la cadre d’une interview avec notre site, afin que nous en sachions plus sur cette auteure qui commence sa carrière littéraire avec ce très intéressant roman.

Voici donc, pour vous, chers lecteurs, l’interview de Nathalie Dougal :

LOM : Bonjour Nathalie, et merci beaucoup d'avoir accepté de réaliser cette interview. Tout d'abord, peux-tu nous parler de toi ?

ND : Avec un peu d'humour, je dirais que je suis une grande enfant de quarante ans, qui a décidé de poursuivre envers et contre tout sa passion pour la culture celtique et l'histoire de l'Ecosse. J'aurais adoré être une bourgeoise du XIXe siècle – comme les égyptologues de l'époque - à la fois exploratrice et aventurière, pour mener mes recherches à plein temps. Comme ce n'est pas le cas, je suis journaliste dans un groupe de presse. Cela remplit mon assiette et me permet d'effectuer des voyages réguliers en Ecosse.

LOM : Qu'est-ce qui t'a donné l'envie d'écrire ?

ND : Le plaisir de l'écriture a toujours été en moi, aussi loin que je m'en souvienne... Enfant, j'écrivais de petites histoires sur un cahier que je cachais sous mon matelas... Je suis également une grande lectrice... Cela ne va pas forcément de paire, mais cela y contribue. En tout cas, à l'école, j'étais plutôt bonne en français, et les encouragements de certains professeurs m'ont encouragée à poursuivre dans cette voie.

LOM : Peux-tu nous dire d'où vient ton intérêt pour l'histoire de l'Ecosse ?

ND : Une passion d'enfant de dix ans pour les chevaliers de la table ronde, puis lors de l'adolescence pour la culture celtique. Quand je suis tombée sur l'Ecosse, cela a été un véritable coup de foudre ! J'en rêvais même la nuit ! ... D'ailleurs, depuis vingt ans, je ne suis pas parvenue à m'en détourner...

LOM : Et pourquoi avoir écrit un livre sur cette histoire en particulier ?

ND : Aussi curieux que cela puisse être, c'est par le Massacre de Glencoe que mon amour pour l'Ecosse a débuté... Par la suite, je me suis spécialisée dans l'histoire des Mac Donald... Mais le Massacre de Glencoe était sans doute le sujet qui avait le plus maturé. Je n'ai pas eu besoin de rechercher une date ou une précision, je connaissais tout dans le moindre détail.

LOM : As-tu rencontré des difficultés lors de la réalisation du livre ? Si oui, lesquelles ?

ND : Pour l'écriture du livre ? Aucune, hormis des problèmes d'aménagement de temps. Ecrire est un travail de très longue haleine. Parfois, mon entourage s'est un peu lassé de me voir le regard fixé, soirs et week-ends, sur mon écran d'ordinateur. Ecrire est une excellente chose, mais il ne faut pas non plus oublier de vivre.

LOM : Et concernant le fait de te faire éditer, as-tu eu des difficultés ?

ND : Bien entendu ! Tous les auteurs rencontrent ce problème. La longueur de mon roman a rebuté bon nombre d'éditeurs. Avant d'être divisé en trois tomes, La Mèche de Guerre faisait tout de même 400 pages A4 ! Et j'avais d'ores et déjà fait de mon mieux pour épurer le style et supprimer l'inutile !

LOM : Dans l'histoire dont tu nous parle dans La Mèche de Guerre des Mac Donald, quel est ton personnage préféré ?

ND : Iain, sans conteste ! Il est de loin le personnage le plus complexe et abouti. D'ailleurs, sa vie était déjà bien remplie, avant le début du livre... De plus, pendant tout le tome 1, on le voit à travers un prisme... Certains le prennent pour un homme volage. Mais n'est-il au final pas le plus fidèle des hommes ? Il est tout de même amoureux d'une femme mariée depuis ses seize ans ! Eiblin est quant à elle pleine de promesses. Mais pour l'heure, face à Iain, ce n'est qu'un poids léger !

LOM : Ton livre a-t-il le succès que tu espérais ?

ND : Tout est relatif ! Mais compte-tenu de la petite structure de ma maison d'édition, et de l'absence totale de promo. Oui, cela fonctionne... Notamment par le bouche à oreille ! Et j'ai d'excellents retours. Je crois que j'aurais moins apprécié le contraire !

LOM : Peut-être pourras-tu nous aider à éclaircir une vieille légende urbaine en répondant à une petite question : Que porte Iain sous son kilt ?

Certainement pas une ceinture de chasteté ;-) !!!

LOM : Merci beaucoup pour cette interview, et je te souhaite beaucoup de succès pour la suite des aventures de Iain et Eiblin.


Vous pouvez retrouver Nathalie Dougal sur son site, très bien construit, qui parle du livre, mais aussi de l’Ecosse et de son histoire, à cette adresse : http://lamechedeguerre.com/

Le roman a également sa propre page Facebook

 

Cette interview a été réalisée par Alexandre et Garlon

 

 

Seconde interview

 

Suite à la sortie du troisième et dernier tome de La Mèche de guerre des Mac Donald, qui fût un très gros coup de coeur pour moi, j'ai posé quelques questions supplémentaires à Nathalie Dougal.

Je vous invite donc à découvrir ce très intéressant complément à l'interview initiale :

 


LOM : Comme tu l’as expliqué dans notre interview initiale, ton livre était à la base prévu pour n’être qu’un seul tome. Cela n’a pas été trop dur d’au final devoir attendre la parution d’une trilogie pour que toute l’histoire soit racontée au public ?

ND : Oui, j'ai trouvé particulièrement frustrant de devoir tenir les lecteurs ainsi en haleine, surtout pour le premier tome où la coupure était particulièrement abrupte. De plus, ce premier ouvrage à lui seul, n’avait pas de sens : les personnages et le contexte étaient à peine installés... Du coup, la sortie du 2e tome a été pour moi une véritable libération...Depuis que le 3e et dernier tome est sorti, je suis très satisfaite de savoir que le lecteur peut découvrir La Mèche de Guerre dans son intégralité, en lisant les 3 livres d'affilée ou en faisant des breaks.

 LOM : Es-tu satisfaite du succès qu’à eu ta trilogie ?

ND : Tout est relatif et tout dépend de ce qu'on appelle « succès » ! Compte-tenu de l'absence totale de promotion, je trouve que le petit bonhomme de chemin réalisé par La Mèche de Guerre est un véritable petit miracle. D’ailleurs, je rends grâce aux lecteurs qui se montrent tout bonnement incroyables, en parlant de mes livres et en faisant d’excellentes critiques ! Ceux sont les meilleurs attachés-de-presse du monde !

LOM : Une question que j’aurais dû poser lors de la première interview, excuses-moi de mon oubli à ce sujet : la création de la trilogie t’as-t-elle demandé beaucoup de recherches au niveau historique ? As-tu une ou deux anecdotes à ce sujet ?

ND : Quand on aime, on ne compte pas ! Mais oui, la rédaction de la Mèche de Guerre a fait suite à plus de 20 ans d'études et de recherches historiques. Cela dit, durant toutes ces années, j'ai accumulé suffisamment de matière pour écrire une bonne vingtaine de livres. Je en encore du pain sur la planche !

Une anecdote ? La plus merveilleuse à mes yeux, puisqu’elle ma orientée vers les Mac Donald ! A cette époque, je n'imaginais pas encore que j'étudierais l'histoire de ce clan ou que j'écrirais des romans historiques... De plus, mon Anglais était – dirons-nous - plutôt scolaire...

Bref, fin d'été 1991... Pour la première fois de ma vie, je me rends en Ecosse. J'aboutis en touriste au musée des Mac Donald, à Armadale (île de Skye)… Après la visite du musée, je m'intéresse aux livres de la boutique. Je fouille, je feuillette, j'y passe vraisemblablement du temps... Intriguée, la caissière (une très vieille dame) s'approche de moi et me demande si je suis « connected with the Mac Donald ». Moi, qui ne comprends pas « connected with » suppose que cela signifie « intéressée par ». Alors, je réponds oui... Et là, le visage de la vieille dame s'illumine ! Elle me prend par le bras et m'oriente vers les meilleurs livres historiques sur les Mac Donald. Puis, contre toute attente, elle m'entraîne vers le centre d'étude généalogique des Mac Donald qui se situe à quelques pas du musée… Et là, je suis tombée sur une mine d’or !!!


LOM : Cela n’a-t-il pas été trop dur pour toi lorsque tu es arrivé à la fin de l’écriture du livre et que tu as donc dû rendre tes personnages à l’Histoire ?

ND : Non, du tout ! Bon, je l'avoue, j'ai versé quelques larmes en écrivant l'épilogue. Mais cela tenait plus de la gratitude pour avoir vécu cette merveilleuse aventure avec Eiblin et Iain. Il ne faut pas oublier que tous les deux sont des personnages réels. Je ne pouvais pas faire n’importe quoi avec eux, et je devais suivre à la lettre les infos que j’avais sur eux. Du coup, je n'ai jamais eu l'impression qu'ils m'appartenaient. Je me suis plutôt fait l'effet d'une biographe. Lorsque nous nous sommes quittés, cela a été avec une immense affection, comme s'ils avaient été des amis, semblables à ceux dont on parle dans la chanson Auld Lang Syne.

LOM : Je ne connais pas trop l’histoire de l’Ecosse, mais je pense que de nombreux documents étaient en mesure de t’aider dans tes recherches (comme par exemple le procès). T’as-t-il fallut inventer/émettre beaucoup d’hypothèses, ou les documents et autres éléments historiques étaient-ils suffisants pour développer l’histoire de A à Z ?

ND : Effectivement, j'ai eu énormément de documents à ma disposition, mais tous provenaient des « adversaires » des MacDonald, du gouvernement écossais, de John Hill ou des Campbell… Pour écrire La Mèche de Guerre, il m'a donc fallu transposer tous ces éléments sous un autre angle. J’ai adoré faire cet exercice, qui tient plus de la déduction que de l’invention... Même pour la description de certains personnages, j'ai eu énormément de détails. Pour Iain, en 1695, édimbourgeois sont littéralement tombés sous son charme et se sont montrés très loquaces à son sujet. Iain avait beau être dans la force de l’âge, ils l'ont décrit tel un « flamboyant », grand, roux, charismatique, posé, réfléchi, éduqué, séduisant et séducteur...

LOM : Maintenant que la trilogie est intégralement publiée, as-tu d’autres projets en cours ? Comment vois-tu ton avenir d’auteur ?

ND : A ce moment même, je suis en train de finaliser la rédaction du premier tome d'une saga qui sera sans doute une quadrilogie. Reste à trouver un éditeur qui assurera une bonne promotion et diffusion;-) !!!

Pour ce qui est de mon avenir d'auteur, je ne me pose pas véritablement de questions. La vie est tellement imprévisible ! Cela fait longtemps que je parie plus sur l'avenir. Je tiens à vivre et apprécier l'instant présent. J'écris tout simplement et je me fais plaisir en écrivant. La publication de mes ouvrages et le « succès » potentiel sont simplement des cerises sur un gâteau que je trouve déjà fort savoureux:-) !!!

 

Garlon

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Date de dernière mise à jour : 01/06/2012