Interview de Pierre Thiry

Vous allez découvrir ici, dans la seconde interview du site, Pierre Thiry, auteur du récent livre "Ramsès au pays des points-virgules". Il s'agit d'un récit se déroulant dans notre monde, mais avec une très grande quantité d'absurde, qui rend ce livre vraiment très original et intéressant.

Vous pouvez découvrir la chronique de ce livre ici

J'ai posé quelques questions à Pierre Thiry afin d'en savoir un peu plus sur lui et ses différents projets.

Vous verrez dans cette interview que l'auteur a de nombreux projets très intéressants et vous découvrirez également son parcours et comment il en est venu à écrire et diffuser "Ramsès au pays des points-virgules".

Voici donc l'interview : 

Bonjour Pierre Thiry, et merci d'avoir accepté de répondre à quelques questions.

Pouvez-vous nous parler un peu de vous ? Quel est votre parcours et comment en êtes vous venus à écrire ?

Quel est mon parcours ? A vrai dire mon envie d’écrire me semble avoir été là avant tout parcours estudiantin ou professionnel. J’ai toujours aimé écrire : correspondre, versifiier, rimer, jouer avec les mots, jongler avec les rimes, dribbler avec les phrases... Ecrire a toujours été pour moi un amusement et un plaisir. Lorsque j’étais étudiant j’écrivais de petites nouvelles publiées en revue, sous pseudonymes... C’est loin et je suis bien content qu’elles soient oubliées aujourd’hui !  Je suis également un assez gros lecteur, je lis plusieurs livres par semaine fictions, essais, philosophie,etc. Je conçois difficilement de lire sans écrire.

J’ai fait des études de droit (j’ai une maîtrise en droit public), de musique (j’ai étudié le violoncelle et je continue à en jouer très irrégulièrement et pas toujours très bien,mais toujours avec plaisir...), j’ai également fait des études de sociologie et de langues (un peu d’arabe littéraire, c’est grâce à l’arabe que je me suis ensuite intéressé à la linguistique, que j’ai progressé en allemand en lisant Kafka : ce qu’on prévoit au départ n’est pas toujours à l’arrivée...) J’ai commencé ma vie professionnelle comme vendeur de disques, puis J’ai administré pendant de longues années une salle de spectacles (le Centre d’Art et d’Essai de Mont-Saint-Aignan dans la banlieue universitaire de Rouen) spécialisée dans les arts de la scènes «contemporains» : danse contemporaine, théâtre, musiques. Dans ce cadre j’ai aussi eu la responsabilité d’une programmation de concerts. C’était un lieu très atypique ou j’ai eu l’occasion de rencontrer des gens passionnants. Malheureusement toutes les belles aventures ont une fin, et ce lieu ayant dû fusionner avec un autre théâtre, j’ai été convié à me lancer dans d’autres aventures.

J’ai profité de l’occasion pour revenir à mes premières amours : l’écriture. D’une part je me forme actuellement à l’animation d’ateliers d’écriture. J’en ai déjà animé quelques-uns avec plaisir. Et j’espère en animer beaucoup. Je particilpe, d’autre part, à la création d’une nouvelle maison d’édition : «Les Editions du Paquebot». Je travaille depuis «assez longtemps» à un projet de roman tellement touffu qu’il pourrait bien se transformer en plusieurs autres livres !!! «Ramsès au pays des points-virgules» n’est d’ailleurs pour moi une parenthèse dans ce projet plus vaste...

Pourquoi vouloir écrire un livre s'axant autant sur le thème des points-virgules ?

Vous trouvez que ce livre parle beaucoup des points-virgules ? Ça parle aussi d’autres choses non ?

Il est vrai que je leur fait beaucoup de publicité dans le titre : «Ramsès au pays des points-virgules», pourquoi fichtre ai-je été cherché un tel titre !!! C’est au départ une petite histoire écrite pour une de mes nièces qui m’avait mis en défi de lui trouver un livre s’intitulant : «Sissi et le nez du Pharaon». Ce roman n’existant pas, j’ai décidé de lui écrire sous la forme d’un feuilleton. Je n’avais absolument pas pensé cette histoire en vue d’une publication, j’ai même failli ne jamais la finir. Ecrire ce feuilleton m’amusait tellement que cela aurait pu durer indéfiniment. Et puis un beau jour ma nièce a décidé de présenter cette histoire en exposé de lecture dans sa classe de CM2. Comment a-t-elle réussi à avoir une bonne note à cet exposé? Je me le demande encore... Mon feuilleton n’était même pas terminé ! J’en ai conclu qu’elle avait du talent et qu’il fallait vite que je termine d’écrire mon histoire avant qu’elle ne le fasse elle-même... J’ai alors eu l’idée de le proposer à plusieurs éditeurs dans le but d’en faire un cadeau de Noël un peu présentable. Certains l’ont lu, j’ai même eu droit à des retours encourageants : une éditrice était prête à le publier, mais dans deux ans si j’en réécrivais la moitié... La proposition, certes alléchante, mais comme je vous l’ai dit je poursuis actuellement un autre projet d’écriture. Alors comme j’étais pressé d’offrir mon petit livre pour Noël je me suis décidé de l’auto-éditer par le biais de «Books on Demand». J’avais rencontré Noémie Derhan la responsable de Books on Demand-France au salon du livre de Paris de 2009. D’abord intrigué par ce type d’édition je me suis demandé si j’y aurais recours un jour, puis la fabrication du livre étant rapide, les fêtes de fin d’année approchant, je me suis décidé : j’ai transformé «Sissi et le nez du Pharaon» en «Ramsès au pays des points-virgules»; titre qui correspondait mieux au produit fini. C’est «Le Traité de la ponctuation» de Jacques Drillon qui m’a vraiment fait découvrir les points-virgules ; c’était un signe de ponctuation qui m’avait toujours un peu intrigué (peut-être parce-que passé de mode). Ayant un peu étudié l’arabe littéraire j’avais en outre frappé par le fait que le point-virgule avait une forme similaire à la lettre «za» qui début le mot arabe zayn qui veut dire merveilleux. Il m’est donc apparu qu’il fallait que je fasse vivre cette étrange coïncidence dans un petit conte...

Pour quelle raison avez-vous décidé d'écrire un livre relevant autant de l'absurde ?

J'aime beaucoup l'humour absurde de type anglo saxon, quelque chose que l'on retrouve chez William Shakespeare, Lewis Carroll ou encore Lawrence Sterne (un auteur du XVIIIe siècle connu notamment pour «Vie et opinion de Tristram Shandy»). C'est aussi un humour qu'on trouve, dans la littérature de langue française, chez Ionesco ou dans certains récits de Boris Vian. L'absurde me fait souvent rire, c'est aussi un moyen de solliciter l'imagination du lecteur et donc son intelligence. L'imagination est une qualité que l'on possède très naturellement dans l'enfance, on la perd parfois un peu à l'âge adulte, c'est bien dommage car elle est éminemment utile, même pour la résolution de problèmes très sérieux. Si j'ai mis de l'absurde dans «Ramsès au pays des points-virgules» c'est pour soulever avec humour des questions importantes qui —elles– ne sont aucunement absurdes : Quel est le pouvoir de la parole sur la barbarie ? Un livre doit-il s'imposer au lecteur au point qu'il n'ait rien à en dire ? Faut-il toujours avoir l'air sérieux pour aborder des choses sérieuses ? Habiller un texte des oripeaux de l'absurde est souvent un moyen d'aborder avec l'élégance d'un sourire des questions tout à fait fondamentales. J'espère, dans ce petit roman, ne pas m'être pris au sérieux tout en prenant le lecteur très au sérieux, en l'invitant à retrouver de la logique derrière l'llogique, tout en s'amusant.

La façon dont vous vous faites éditer (livres sur commande), est assez particulière. Pourquoi se faire éditer comme cela plutôt que d'une façon plus "traditionnelle" ?

Oui, c’est vrai, c’est tout à fait particulier : les livres sont fabriqués au fur et à mesure des commandes des libraires et des clients. C’est un système assez astucieux qui permet d’éviter la mise au pilon des ouvrages invendus. Cela permet aussi de se fabriquer pour soi-même quelques livres (en nombre très réduit, à moindre coût et rapidement) pour les offrir à ses proches ou à ses amis.  C’est la raison pour laquelle je me suis décidé pour ce type d’édition. Cela me permettait d’éditer rapidement mon livre avant les fêtes de fin d’année pour l’offrir à ma famille et mes amis...

Ce mode d'édition est-il un frein au succès et à la diffusion de votre ouvrage ?

 Je n’avais pas songé au départ assurer une large diffusion à ce petit livre. J’ai donc été plutôt surpris d’en vendre infiniment plus que ce que je m’étais imaginé. De ce point de vue je trouve que c’est plutôt un bon mode de diffusion : on peut le commander sur presque tous les sites de vente en ligne et dans n’importe quelle librairie (excepté la FNAC d’après ce que j’ai compris et je ne sais pas très bien pourquoi). Il n’en demeure pas moins que pour certains ce type d’édition n’est pas aussi prestigieux que les grandes maisons d’édition traditionnelles. En outre son mode de fabrication numérique n’en fait peut-être pas un objet d’aussi grand luxe que ceux qui sortent d’une imprimerie traditionnelle. Or j’aime les beaux livres... C’est la raison pour laquelle j’ai tenu à y placer quelques aquarelles originales qui avaient été faites pour illustrer le manuscrit. Cela peut sans doute améliorer les quelques défauts de mise en page que j’ai pu laisser : je ne suis pas graphiste et l’ordinateur est un objet avec lequel j’ai parfois quelques conflits... Il est vrai qu’on se trouve là en face à une limite de ce type d’édition : on rentre la clef USB à un bout, le livre ressort à l’autre bout, à des kilomètres de distances. Compte tenu de ces aléas de fabrication, je suis donc plutôt satisfiait du résultat. Le livre existe, il rencontre de nombreux lecteurs et certains sont même allé jusqu’à le trouver beau !!! Ce qui m’a fait bien plaisir.

Comptez-vous vous lancer dans l'écriture d'un second livre ? Si oui, sera-t-il dans le même genre que "Ramsès au pays des points-virgules" ?

 Oui ainsi que je vous l’ai dit, je suis depuis longtemps sur l’écriture d’un nouveau livre C’est un roman sur lequel j’ia commencé à travailler avant la publication de «Ramsès au pays des points-virgules» et qui s’appelle pour le moment : «Le Mystère du Pont Flaubert». Je crois que ce sera assez différent de «Ramsès au pays des points-virgules», les thèmes abordés ne seront pas les mêmes, mais on y retrouvera sans doute quelque chose de ma manière d’écrire... C’est un projet qui m’a conduit à lire une foule de livres, qui m’invite à explorer une infinité de pistes, et j’en arrive aujourd’hui à avoir la matère pour trois ou quatre romans. Arriverai-je à en tirer quelque chose de publiable ? Mystère.... Et je dois dire que l’ombre de Flaubert placée dans le titre ne me simplifie pas la tâche !!!

Alors pour me détendre j’ai aussi commencé à écrire une «suite» à «Ramsès au pays des points-virgules»..; Enfin je ne sais pas si c’est vraiment une suite, mais on y retrouvera sans doute Charles Hockolmess le chat noir au chapeau melon...

Quand ces textes verront-ils le jour sous une forme de livres édités ? Je ne peux pas vous le dire pour le moment, peut-être bientôt, peut-être jamais. Mais peu importe après tout : je cultive avant tout le plaisir d’écrire, et je le crois bien préférable à celui de mettre mon nom sur la couverture d’un livre fini. Ce n’est peut-être pas par hasard si une des mes oeuvres musicales préférées est la symphonie inachevée de Franz Schubert... Et tout cela explique peut-être aussi pourquoi je préfère le point-virgule au point final...

Merci beaucoup pour cette interview, et très bonne continuation à vous.

 

Je vous invite à venir découvrir le site de Pierre Thiry, consacré à son livre, "Ramsès au pays des points-virgules", que voici : http://charles-hockolmess.e-monsite.com

Allez également vous mettre fan sur la page Facebook du livre, afin d'être tenus au courant des nouvelles le concernant.

 

Garlon

 

Commentaires (1)

Archessia
Super intéressant ! J'aime la façon dont Monsieur Thiry "parle", et vu comment il parle de son livre, ça donne vraiment envie de le lire

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