Black-out

 

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Au début, il y eut France Loisirs. Moyennant un abonnement non négligeable, on, le lecteur anonyme, avait le droit à un beau livre par mois, un beau livre plein de vide, ou alors tellement tiré qu’il en était méconnaissable. Et puis il y eut la FNAC, même principe, sans abonnement et réservé aux lecteurs de Télérama. Au milieu, un grand vide vertigineux où les pauvres écrivains traçant leurs lettres avec leur sang écrivaient des bouquins qui ne rentraient pas dans les boîtes. Vous savez, comme à la poste, il manque toujours un centimètre...

Vous écrivez avec votre sang, avec votre sueur avec vos larmes, vous êtes au bord du suicide parce que les lettres de refus, parce que les grands éditeurs, ceux de France loisirs et de la FNAC, ne veulent pas de vous, pourtant vos livres sont grinçants comme du sable sur du métal, l’humour au bord de la tombe,

Alors Black-out est fait pour vous.

C. Brissart

 

 

Vous voyez ci-dessous les OS (tomes uniques) de l’éditeur Black-out.

Pour voir les différentes séries chroniquées, aller à l’endroit suivant (en cliquant dessus) : Séries de Black-out

 

 Liste des livres OS  de la maison d’édition :

Petits papiers meurtris, de Romano Vlad Janulewicz

petits-papiers-meurtris.jpg“Avec dans le cœur une certaine fierté colorée d’une pointe de timidité et d’inquiétude, c’est un peu de lui-même qu’il livrait au monde, dévoilant une part de son intimité et autorisant les critiques à propos de son bébé, qu’il avait enfanté à la fois dans le plaisir et la douleur. La majorité le trouverait franchement laid ; d’autres conviendraient qu’il ne lui ressemble pas beaucoup, finalement, à part peut-être les yeux ou le nez ; un petit nombre enfin serait probablement réjoui par la venue de ce bout de chou qu’ils trouveraient bien mignon et tâcheraient d’apprécier simplement. Il avait éprouvé un bonheur incomparable à le façonner, le nourrir et le faire grandir, mais il avait aussi beaucoup souffert, confronté à ses propres limites, face à tout ce qu’il ne parvenait pas à exprimer malgré ses efforts. Bien sûr ses histoires n’étaient pas une grande œuvre qui révolutionnerait la littérature, loin s’en faut, et Abel en était bien conscient, mais il y avait mis tant de cœur, tellement de sincérité et d’énergie, qu’il les estimait comme les plus belles choses qu’il eut créées, même s’il les avait grevées malgré lui d’innombrables handicaps qui ne pourraient jamais être compensés”.

Poétique du morcellement, de Romano Vlad Janulewicz

Poetique du morcellement« Des pleurs étouffés tirèrent Rachel de son inconscience. Elle ouvrit les yeux mais demeura plongée dans le noir. Il lui fallut plusieurs secondes avant de réaliser qu’elle n’était plus ligotée. Un petit cri s’échappa de sa gorge et, en une seconde, elle fut debout, tâtonnant nerveusement à travers l’obscurité qui l’enveloppait.

Essoufflée, elle heurta un mur, écarta les bras puis en toucha deux autres latéralement. Elle se retourna brusquement, fit trois pas précipités et rencontra une autre cloison. Hystérique, elle battit des bras comme pour déchirer le voile de ténèbres qui l’oppressait. Elle hurla avant de plaquer ses mains sur sa bouche, ne laissant plus sortir qu’un grognement pitoyable. Et si son agresseur l’observait, au-delà des cloisons, attendant le moment propice pour lui tomber dessus et la torturer ? Qui l’avait amenée ici et pourquoi ? Luttant pour contenir le glot de peur brute qui ne demandait qu’à corrompre son corps et son esprit, elle demeura immobile quelque temps, prostrée. Puis, reprenant ses esprits, elle tendit l’oreille. Les sanglots s’étaient arrêtés, mais il lui sembla entendre la voix lointaine d’un homme. L’air charriait des relents d’excréments et de moisissures, c’était la première fois qu’elle le remarquait. »

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Date de dernière mise à jour : 03/05/2016